Le retour en grâce de Duval
Les adversaires de Sébastien Loeb (Citroën Xsara), Marcus Gronholm (Peugeot 307) et Petter Solberg (Subaru Impreza) en tête, comptent sur le rallye d'Argentine, neuvième des seize épreuves du championnat du monde, pour mettre un terme à l'hégémonie du Français cette fin de semaine dans la région de Villa Carlos Paz.
- Publié le 14-07-2005 à 00h00

Les adversaires de Sébastien Loeb (Citroën Xsara), Marcus Gronholm (Peugeot 307) et Petter Solberg (Subaru Impreza) en tête, comptent sur le rallye d'Argentine, neuvième des seize épreuves du championnat du monde, pour mettre un terme à l'hégémonie du Français cette fin de semaine dans la région de Villa Carlos Paz.
Un rallye qui verra le retour en grâce de François Duval. Mis à pied durant deux rallyes, le pilote namurois, désormais orphelin de Stéphane Prevot qui ne souhaite plus rouler à ses côtés, reçoit une seconde chance pour piloter la deuxième Citroën Xsara, avec Sven Smeets comme co-pilote. "Nous avons décidé de donner une seconde chance à François", explique Guy Fréquelin, le manager de Citroën. "Duval connaît les parcours et la voiture. Peu de pilotes peuvent en dire autant. Duval est un super talent et doit le démontrer. Il doit faire la même chose que Carlos Sainz (NdlR: l'Espagnol qui l'a remplacé lors des deux derniers rallyes où il fut 4e en Turquie et 4e en Grèce), ni plus ni moins."
"C'était sans conteste une sanction appropriée par rapport à mes fautes", reconnaît François Duval. "Je veux démontrer, désormais avec Sven Smeets, que je peux faire mon boulot, rester sur la piste et donner satisfaction à mon employeur. J'aime le Rallye d'Argentine, mais il n'est pas facile. Il y a peu de modifications par rapport à l'an dernier, nous pourrons ainsi nous baser sur nos notes. Avec Sven, nous parlons beaucoup. Nous avons fait les reconnaissances en Grèce et des tests en Argentine et en Finlande. Je ne dois pas commettre de fautes, et je pense qu'il est possible d'accrocher la 4e ou 5 e place."
Devant, le Finlandais Marcus Gronholm et le Norvégien Petter Solberg s'appuient sur un changement climatique pour stopper la fulgurante ascension de Loeb, vainqueur depuis début avril en Nouvelle-Zélande des cinq dernières manches, maître absolu des rallyes méditerranéens chauds et cassants, en Sardaigne, Chypre, Turquie et Grèce. "L'Argentine est un rallye complètement différent comparé à ceux que nous venons de vivre", assure ainsi Solberg.
Après la fraîcheur du matin, l'hiver argentin est pourtant clément avec des températures dépassant les 20 degrés l'après-midi. Un terrain changeant, alternant passages lents et rapides, des gués nombreux à franchir et des revêtements tantôt compacts, tantôt sablonneux, peut-il modifier à lui seul le rapport de force et mettre un frein à la domination du trinôme Loeb-Citroën-Michelin? Les rivaux du champion du monde l'espèrent.
"Pas le choix"
Gronholm, encore plus que Solberg, apparaît comme l'homme susceptible de faire chuter Loeb. Déclassé alors qu'il avait gagné en 2002, vainqueur en 2003, Gronholm était en tête l'an dernier avant d'abandonner dans la 19e spéciale, laissant la victoire à... Carlos Sainz (Citroën). "Je vais de nouveau me livrer à fond sur un rallye que j'apprécie beaucoup, prévient Gronholm. Nous n'avons pas le choix. Si mon retard semble difficile à combler, nous avons encore nos chances pour le championnat constructeurs qui reste notre objectif. Pour cela, il nous faut viser la victoire afin de rester bien placés dans la course au titre."
Comme le souligne Gronholm, tout dépendra des... pneumatiques. Hier dominateur sur les mythiques spéciales de la Sierra de Cordoba, Calamuchita, Mina Clavero-Giulio Cesare, El Condor, le Finlandais pouvait compter sur des Michelin. Aujourd'hui, il doit composer avec des Pirelli dont il ne maîtrise pas encore les choix. Michelin, c'est justement l'arme sur laquelle va une nouvelle fois s'appuyer Loeb pour tenter de poursuivre son impressionnante marche triomphale.
© Les Sports 2005
