Le 4x400 m aux Jeux de Pékin

La chance leur a bel et bien souri puisque la pluie les a épargnés. Alors que le ciel s'assombrissait de plus en plus, les athlètes du relais 4x400 m intensifiaient leur échauffement. Parmi eux, Kevin Borlée avec, sur le nez, ses habituelles lunettes foncées s'arrosait la nuque et les mollets comme si le thermomètre affichait 30°. On était pourtant loin du compte...

Guy Beauclercq
Le 4x400 m aux Jeux de Pékin
©BELGA

La chance leur a bel et bien souri puisque la pluie les a épargnés. Alors que le ciel s'assombrissait de plus en plus, les athlètes du relais 4x400 m intensifiaient leur échauffement. Parmi eux, Kevin Borlée avec, sur le nez, ses habituelles lunettes foncées s'arrosait la nuque et les mollets comme si le thermomètre affichait 30°. On était pourtant loin du compte...

Les organisateurs furent pris d'une dernière frayeur lorsqu'ils se rendirent compte qu'il manquait l'élément essentiel : les témoins. Qu'à cela ne tienne, Christian Halloy, le président du SMAC, régla lui-même le problème. Tout était, enfin, en place pour vivre un moment... historique. Même le forfait, sur blessure, de Kristof Beyens n'avait pas entamé le moral des troupes de Jacques Borlée. "Kristof a hélas ressenti une gêne à l'arrière de la cuisse, lundi, à l'entraînement ! explique le coach. J'ai, par conséquent, demandé à Nils Duerinck de se tenir prêt. Mais ce n'est que vendredi midi que j'ai pris la décision de l'aligner ce samedi."

Remplaçant de luxe

Nullement impressionné, Nils s'est fondu, comme si de rien n'était, dans le groupe. "Quand j'ai appris que je courrais, j'ai veillé à ne pas m'emballer ! raconte-t-il. J'étais déjà concentré. Je savais exactement ce qu'on attendait de moi car j'ai quand même participé à tous les entraînements de l'équipe."

De fait, après un départ en trombe de Kevin Borlée, Jonathan enchaîna avec un tour de piste chronométré en... 44.65 par son père, ému. "Sincèrement, ils m'ont épaté. Réussir ce chrono par ce froid et sans concurrence relève de la gageure..."

Car le courant passa vraiment bien entre Jonathan et Nils, puis entre Nils et Cédric, lequel paracheva le chef-d'oeuvre : 3.02.13, record de Belgique et... minimum olympique ! Juste le temps de répondre aux sollicitations des photographes et la pluie se mit à tomber de manière violente. "Ouf ! soupire Jacques. Nous avons de la chance."

Et du talent ! Car, qu'on le veuille ou non, il n'était pas évident de remplacer au pied levé un gars comme Kristof Beyens. "En principe, Nils est notre premier réserviste ! expliquent, de concert, les frères Borlée. Il a prouvé, ce samedi, qu'on pouvait compter sur lui. Nous voilà donc aux Jeux, à l'âge de 20 ans, comme un certain Jeremy Wariner. Notre rêve de début de carrière devient réalité !"

Les Jeux, Cédric Van Branteghem connaît. Il apprécie donc cette qualification à sa juste valeur, même s'il s'agit du relais. "Mais je ne désespère pas de réussir le minimum sur 400 m ! lance le Gantois. Je me sens bien et, franchement, je pense pouvoir encore courir en 45.20. Ceci dit, le fait d'avoir assuré notre sélection en relais nous soulage. Je tiens à remercier tous ceux qui ont cru en nous..."

Le fait d'avoir réussi le minimum avec Nils Duerinck prouve, en tout cas, que la Belgique peut compter sur un groupe de qualité et qu'il ne se limite pas à quatre athlètes.

En attendant les Jeux de Pékin, notre relais 4x400 m sera, à nouveau, en piste le week-end prochain, en Coupe d'Europe. Et ce sera vraisemblablement sans Kevin Borlée, qui courra déjà en individuel, mais avec Kristof Beyens, de retour de blessure, qui doublerait 200 m et 4x400 m. Pour un nouveau record ?

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