"Elle représente un risque pour nous" : le directeur de la fédération flamande d'athlétisme charge Nafi Thiam
Ludwig Peetroons s'est exprimé pour la première fois depuis le fameux "Nafigate" qui a fait tant de bruit et qui risque encore d'en faire...
- Publié le 14-10-2025 à 20h39
- Mis à jour le 14-10-2025 à 22h33
Il y a quelques jours, la presse flamande a révélé l'existence d'une prime de 500 euros pour les athlètes ayant signé le code de conduite de Belgian Athletics avant le départ aux Mondiaux de Tokyo.
Cette dernière a été évoquée comme une "prime de loyauté" qui avait pour but de remercier les athlètes qui l'ont signée, au contraire de Nafi Thiam. Suite à ces révélations, l'aile flamande de l'athlétisme belge, Atletiek Vlaanderen, a décidé de revenir sur l'affaire.
"Ce n'est pas de l'argent pour acheter le silence"
C'est le directeur, Ludwig Peetroons, qui s'est chargé de réagir au "Nafigate" auprès de Knack qui a été à l'origine des révélations. "Ce n'est pas de l'argent pour acheter le silence, ça, c'est que les médias en disent. Cela signifierait que notre conseil d'administration est naïf, ce qui n'est pas le cas" explique-t-il.
"Personne ne s'attend à ce que 500 euros fassent taire des athlètes. Cela ne marche pas. Certains athlètes ont déjà exprimé leur mécontentement par écrit parce qu'ils devaient signer et que Thiam ne l'a pas fait. En outre, il avait déjà été communiqué que Thiam était autorisée à se rendre aux Mondiaux sans signature. Il n'y avait donc rien à passer sous silence. On pourrait plutôt parler de frais de signature, mais ce n'est pas tout à fait exact. Le conseil d'administration voulait faire la différence entre ceux qui avaient signé et ceux qui n'avaient pas signé."
Il affirme que cette prime arrivera bel et bien dans le portefeuille des athlètes qui l'ont signée. "Si vous le promettez, vous devez payer. Mais la procédure est toujours en cours. Il faut beaucoup d'administration pour éviter que les athlètes aient des problèmes fiscaux, comme 450 euros d'impôts et des amendes sur ces 500 euros. Nous ne voulons pas apparaître dans les journaux comme des fraudeurs fiscaux."
"Elle représente un risque"
Ludwig Peetroons faisait partie du camp qui ne voulait pas que Nafi Thiam participe aux Mondiaux. Il ne mâche pas ses mots sur le comportement de la Belge et de son équipe.
"Pourquoi les plaintes de Thiam sont-elles infondées ? Ils ont des problèmes avec l'obligation de signer, la période de validité jusqu'en 2028, les droits de portrait, l'interdiction de publier sur les médias sociaux des informations sur la compétition pendant les tournois et l'obligation de porter la tenue nationale de l'aéroport jusqu'au retour. Tout cela est pourtant la norme dans d'autres fédérations" poursuit-il.
Le directeur de l'Atletiek Vlaanderen va plus loin et affirme que Nafi Thiam représente "un risque" pour Belgian Athletics, qui a une dette d'un demi-million d'euros. "C'est simple : ils considèrent que chaque euro que nous leur versons leur appartient" ajoute Peetroons.
"D'ailleurs, ils violent eux-mêmes les droits d'auteur de l'agence Belga. Les photos des championnats qui apparaissent sur les médias sociaux de Thiam ont été éditées avec Photoshop pendant des années pour supprimer nos sponsors. Belga le sait, mais n'intervient pas. À cause de Thiam, nous avons perdu un sponsor principal, Tempo Team, en 2018. Elle représente un risque pour nous, et nous devons nous protéger contre ce préjudice… J'étais déjà prêt à aller au tribunal en août. Et maintenant, à nouveau, sans hésitation. Jusqu'au bout même : de la première instance à l'appel. Nous voulons gagner devant les tribunaux, c'est pourquoi nous rendons le cinquième code de conduite aussi solide que possible."
Ludwig Peetroons conclut en expliquant que ce code de conduite "n'a pas pour but de faciliter la tâche à Nafi Thiam, mais plutôt de l'inciter à signer maintenant".

