SHAME: toutes les réactions des politiques

Pour le président du MR Didier Reynders, les partis doivent entendre le message des participants à la manifestation de dimanche, qui réclament l'aboutissement des négociations. Il s'en prend aussi à l'"hypocrisie" de certains partis comme Ecolo, le cdH et le sp.a, qui veulent récupérer la manifestation.

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SHAME: toutes les réactions des politiques
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Milquet se réjouit du succès et appelle à une reprise des négociations

La présidente du cdH Joëlle Milquet s'est réjouie de l'importance et de la réussite de la manifestation citoyenne et a demandé que de réelles négociations reprennent au plus tôt.

Elle dit partager entièrement le message et l'attente des citoyens et demande que de réelles négociations reprennent au plus vite "avec une volonté claire chez tous les négociateurs d'aboutir au plus tôt à un compromis équilibré, c'est-à-dire avec des concessions mutuelles".

"L'heure n'est pas ou plus aux états d'âme mais à une âme d'Etat", souligne le communiqué publié par Mme Milquet. Le sens de l'intérêt général doit plus que jamais dépasser les clivages actuels et dans un pays quel qu'il soit, l'institutionnel doit toujours rester un moyen au service des citoyens et non une fin en soi, dit-elle encore.

Di Rupo comprend le message mais ne veut pas de gouvernement "à tout prix"

Le président du PS Elio Di Rupo a dit comprendre et partager le message porté par la manifestation de dimanche. Mais s'il convient qu'il faut un gouvernement, il a averti que cela ne doit pas se faire à n'importe quel prix.

Interrogé dimanche en fin d'après-midi sur les antennes de RTL-TVI, il a aussi fait remarquer que c'est la première fois qu'il faut constituer un gouvernement avec un premier parti flamand dont l'objectif n'est pas de trouver une solution pour l'Etat fédéral mais de faire un pas important vers l'indépendance de la Flandre.

"Nous n'avons pas le droit à l'erreur" et les décisions seront définitives, a-t-il averti, ajoutant qu'il ne fallait pas que les Wallons ou les Bruxellois paient plus cher leurs soins de santé ou leurs impôts. Il a rappelé que les Francophones souhaitent un Etat fédéral dans lequel les Régions disposent de compétences plus fortes mais sans affaiblir les citoyens et en tenant compte des communes flamandes où les habitants francophones sont massivement présents.

Le président du PS croit cependant qu'un accord est toujours possible mais il faut éviter un gouvernement "économique" anti-social, a-t-il dit.

Pour le président du MR Didier Reynders, les partis doivent entendre le message des participants à la manifestation de dimanche, qui réclament l'aboutissement des négociations. Il s'en prend aussi à l'"hypocrisie" de certains partis comme Ecolo, le cdH et le sp.a, qui veulent récupérer la manifestation. M. Reynders estime que le contenu de la note de Johan Vande Lanotte doit être rendu public, pour répondre à la demande de transparence exprimée par les citoyens. Pour le président réformateur, le message exprimé par 30.000 personnes doit être entendu. Mais il juge "détestable" et "digne du degré zéro de la politique" que certaines des formations qui n'arrivent pas à conclure un accord depuis 7 mois et ne se réunissent plus ensemble depuis des mois tentent de récupérer une manifestation dirigée contre eux. Et M. Reynders de pointer du doigt le sp.a qui a appelé à participer à la manifestation, Ecolo, qui a participé et s'est réjoui du succès, ou le cdH, qui espère qu'elle fera bouger les choses.

Pour lui, il est temps de dire que la formule de négociation à sept ne fonctionne pas et de publier "en français et en néerlandais" le contenu de la note du conciliateur Johan Vande Lanotte.

Isabelle Durant : "Je ne suis pas là pour représenter mon parti"

Isabelle Durant, la vice-présidente Ecolo du parlement européen, présente dimanche après-midi à la manifestation "SHAME", a assuré comprendre les inquiétudes des citoyens face à l'absence de gouvernement. Elle a cependant déclaré ne pas y représenter son parti. "Je suis ici en tant que citoyenne et en tant que femme politique car je ne peux bien sûr pas me couper en deux. Mais je comprends que les citoyens soient inquiets de cette situation peu rassurante. Car nous n'avons encore à l'heure actuelle aucune base pour les négociations", rappelle-t-elle.

"C'est une manifestation bon enfant où, à ma connaissance, aucun citoyen ne conspuait les politiques, à l'exception de quelques pancartes, dont certaines comparaient notre situation à celle de la Tunisie, ce que je trouve tout simplement exagéré", a-t-elle dit regretter. La députée européenne s'est rendue "confiante" à la manifestation, estimant que "les gens étaient beaucoup plus sages que ce qu'on veut bien montrer". Josy Dubié et Jean-Claude Defossé étaient également présents.

A 16 heures, les organisateurs de l'événement ainsi qu'une partie des manifestants avaient déjà rejoint le Cinquantenaire. La police de Bruxelles a indiqué à la même heure que la manifestation avait réuni environ 34.000 personnes.

Ecolo invite les partis à reprendre les négociations

Réjoui du succès de la manifestation de dimanche, Ecolo a invité tous les partis autour de la table à entendre le signal des manifestants et à reprendre réellement les négociations fédérales. Soulignant la présence nombreuse de participants de toutes les Régions du pays, les Verts estiment que cette mobilisation citoyenne pourra exercer une pression positive et constructive, combinée à celles des artistes et des acteurs économiques et sociaux, afin d'aboutir le plus rapidement possible à une solution dans le respect de chacun. Le parti s'estime ainsi encouragé à défendre avec Groen! un avenir au pays.

le CD&V comprend et appuie l'appel des manifestants et des électeurs

Le CD&V a dit comprendre et rejoindre le signal envoyé dimanche par plus de 30.000 manifestants réclamant la formation rapide d'un gouvernement sept mois après les élections législatives qui ont consacré la N-VA et le PS. "Le CD&V comprend l'impatience des gens et des manifestants qui se sont exprimés dimanche à Bruxelles. Le CD&V est également demandeur d'un gouvernement qui témoigne du respect pour le signal envoyé par l'électeur le 13 juin de l'année dernière", ont réagi les chrétiens-démocrates dans un communiqué.

Le CD&V, engagé depuis près de sept mois avec six autres partis dans un processus de négociations institutionnelles, voit ce signal comme une invitation à sceller "un accord communautaire comprenant une scission de BHV et une réforme de l'Etat, de manière à apporter la stabilité nécessaire permettant d'aboutir à la conclusion d'un accord de gouvernement, cela, afin de réaliser les objectifs budgétaires des années à venir et répondre aux défis socio-économiques et aux enjeux de société".

Le CD&V dit vouloir "offrir au triumvirat (Johan Vande Lanotte, Bart De Wever, Elio Di Rupo) un maximum de chances pour la poursuite de leurs travaux et l'établissement d'un cadre permettant la scission de BHV et une réforme de l'Etat".

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