Un double délit de presse ?

C'est Me Carine Doutrelepont qui avait levé le lièvre au lendemain de la parution de l'interview de Bart De Wever dans l'hebdomadaire allemand "Der Spiegel" : pour cette avocate qui enseigne le droit des médias à l'Université libre de Bruxelles, le président de la N-VA a pu commettre au moins deux infractions qui relèvent du délit de presse.

Christian Laporte
Un double délit de presse ?
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C' est M e Carine Doutrelepont qui avait levé le lièvre dans "Le Soir" au lendemain de la parution de l'interview de Bart De Wever dans l'hebdomadaire allemand "Der Spiegel" : pour cette avocate qui enseigne le droit des médias à l'Université libre de Bruxelles, le président de la N-VA a pu commettre au moins deux infractions qui relèvent du délit de presse et sont donc théoriquement passibles de poursuites pénales. A savoir qu'il y avait accusé le Roi de ne pas être impartial - parce que soi-disant proche des seuls francophones - et qu'il avait aussi porté atteinte au crédit de l'Etat en mettant en doute la situation économique de la Belgique présentée comme "le malade de l'Europe".

Georges Oldenhove de Guertechin, un citoyen de Tournai, a décidé dans la foulée de porter plainte contre M. De Wever auprès de la zone de police du Tournaisis. "J'ai estimé devoir prendre mes responsabilités comme citoyen belge et j'ai considéré que mes intérêts comme ceux de tous nos compatriotes étaient directement concernés par ces déclarations ! Et puis , j'étais aussi lassé voire excédé que l'on a enregistré moult réactions négatives à ces propos qui tombaient manifestement sous le coup de la loi mais force fut de constater qu'ils ne dépassaient pas le stade des comptoirs de café du commerce. Elles ne débouchèrent pas sur des mesures concrètes pour le tort fait au pays et au chef de l''Etat. Pour moi, il n'y avait plus de raison de continuer à se laisser faire..."

M. Oldenhove a donc déposé plainte en bonne et due forme "du chef d'atteinte publique et d'offense à la personne du roi Albert II (article 3 de l'arrêté du 20 juillet 1831 réprimant les atteintes publiques et les offenses à la personne du Roi)" et "du chef d'avoir répandu sciemment et volontairement des avis ou des informations de nature à ébranler la crédibilité de l'Etat (arrêté du 19 juillet 1926 complété le 3 décembre 1934)".

Sa démarche se situa aussi dans le contexte politique : "Plus de six mois après les élections, le pays est toujours sans gouvernement. Des propos tels que ceux tenus par Bart De Wever nous portent tous directement atteinte dès lors qu'ils vident le sens du devoir électoral auquel chaque citoyen est astreint, dans la perspective de mettre en place, dans le cadre d'un régime démocratique et monarchique un gouvernement jouissant de la confiance de la majorité des citoyens et en mesure de les représenter". Pour l'heure, M. Oldenhove est sans nouvelles du suivi de sa démarche.

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