Recteurs, profs et étudiants veulent plus d’argent du fédéral

Ils se sont levés tôt pour faire entendre leurs voix. Avec pour revendication principale "que l’Etat belge n’abandonne pas ses universités et ses étudiants et avec eux, celles et ceux des pays du Sud".

Recteurs, profs et étudiants veulent plus d’argent du fédéral
Alice Dive

Ils se sont levés tôt pour faire entendre leurs voix. Avec pour revendication principale "que l’Etat belge n’abandonne pas ses universités et ses étudiants et avec eux, celles et ceux des pays du Sud ".

Ce mardi, en marge des Assises de la Coopération belge au développement placées cette année sous le thème de l’après 2015, une centaine de professeurs et d’étudiants issus des universités flamandes et francophones se sont rassemblés devant les portes du Palais d’Egmont à Bruxelles, afin de manifester leur inquiétude quant au sort financier réservé à la coopération universitaire au développement en Belgique.

De quoi parle-t-on précisément ? De ces "précieux" partenariats internationaux conclus entre les unifs belges et celles des pays en voie de développement qui visent à mettre en place des projets communs notamment en matière d’enseignement, de recherche et de services à la société.

Afrique, Asie, Amérique latine aujourd’hui, nos unifs et hautes écoles mènent près de 250 projets de coopération avec des partenaires du Sud, "parmi lesquels 150 devraient démarrer cette année", nous précise-t-on. L’objectif : créer de nouvelles connaissances et les mettre en pratique afin d’offrir des solutions à divers défis tels que les inégalités, les changements climatiques ou encore les migrations.

Dans cette optique, près de 2 000 étudiants du Sud bénéficient à ce jour d’une bourse pour étudier en Belgique. Et une centaine d’étudiants belges reçoivent la pareille pour mener une recherche ou réaliser un stage "en PVD", comme on dit.

Mais voilà, fustige David Méndez Yépez, le président de la Fédération des étudiants francophones (Fef), "tant que le gouvernement fédéral ne se décidera pas à agir, des milliers de boursiers ne sauront pas s’ils pourront ou non terminer leurs études !"

Compétences "usurp " quoi ?

Mais pourquoi donc toutes ces craintes ? Malheureuse, la coopération universitaire au développement figure sur la liste des compétences dites "usurpées". Qu’est-ce encore ce terme barbare ? En somme, il s’agit de ces compétences qui ont été transférées aux entités fédérées mais qui sont encore financées par l’Etat fédéral.

Ainsi, depuis un an et demi, le gouvernement fédéral tente de refourguer cette matière - dont l’ensemble des activités représente un coût de 65 millions d’euros - aux Communautés et aux Régions.

Il y a quelques mois, le ministre en charge de la Coopération au développement, Jean-Pascal Labille (PS), avait assuré à la communauté universitaire que dans ce dossier, "il continuerait à défendre l’engagement - au demeurant partagé par le Premier ministre - de son prédécesseur à poursuivre le financement à 100 % des programmes de coopération universitaires et ce, tant qu’un accord entre l’Etat fédéral et les entités fédérées ne serait pas conclu à ce sujet".

Vendredi dernier, le Conseil des ministres s’est accordé sur le financement d’une série de projets menés par les unifs en matière de coopération et ce, à hauteur de 67 % pour l’année 2013.

"S’agit-il d’un budget définitif ? Le solde de 33 % sera-il de toute façon payé ? Si oui, par qui et quand ?", s’inquiètent en chœur recteurs, professeurs et étudiants. Qui s’unissent pour exiger deux choses : d’une part que le gouvernement fédéral "libère intégralement" le budget prévu pour 2013, d’autre part qu’une décision structurelle soit prise le plus vite possible "afin d’éviter que le scénario de l’an dernier ne se réitère. Sans quoi les principaux concernés demeureront contraints de vivre avec la crainte de devoir plier bagages sans diplôme" d ans un véritable no man’s land.

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