Schild & Vrienden est sous contrôle mais pas (encore) infiltré pour dangerosité
- Publié le 12-09-2018 à 22h44
- Mis à jour le 19-09-2018 à 23h40

Alors que des candidats de la N-VA se retirent encore de listes, la Chambre a fait le point sur le profil de Schild en Vrienden.Le dossier Schild en Vrienden (S&V) s'est réinvité dans l'actualité politique alors que le parquet de Gand poursuit ses investigations. On a ainsi appris le retrait de la liste N-VA de Lubbeek (celle de Theo Francken) d'un ex-militant de S&V. Mais il y a surtout eu une rentrée anticipée de la Chambre où les commissions de la Justice et de l'Intérieur ont débattu pendant plus de trois heures. Ce jeudi, place au Parlement flamand, où S&V sera au cœur de la commission spéciale contre les radicalisations avec notamment l'audition du directeur de l'Ocam.
Après le reportage de Pano (VRT), le président de la Chambre Siegfried Bracke (N-VA) a rapidement proposé une réunion desdites commissions. Afin que les ministres concernés puissent dire ce qu'ils pouvaient transmettre aux députés sans mettre à mal les investigations judiciaires. Cela tombait bien : l'opposition, par la voix d'Ahmed Laaouej (PS), entendait demander au gouvernement quand il mettrait sur pied un plan de lutte contre la résurgence des mouvements d'exrême droite qui surfent sur le populisme ambiant.
Condamnation unanime des partis démocratiques
Les deux logiques ne se sont jamais croisées, sauf que les partis démocratiques sans exception ont recondamné les messages de haine découverts dans les fameux mèmes par Tim Verheyden (VRT). Cela dit, le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon (N-VA) et celui de la Justice, Koen Geens (CD&V) ont confirmé, sur base d'interpellations faites auprès des instances concernées, ce qu'on savait déjà sur le contrôle des identitaires flamands.
Tout d'abord, l'Organe de coordination et d'analyse de la menace (Ocam) n'a pas inscrit Schild en Vrienden parmi les organisations à risque. Mais l'association était dans le collimateur de la police depuis sa fondation en 2017 et la Sûreté de l'État avait embrayé à son tour. De son côté, Dries Van Langenhove l'était depuis 2012, sans doute en raison de ses contacts avec les mouvements estudiantins flamands ultraconservateurs.
Pas de quoi pouvoir vraiment l'infiltrer !
En octobre de l'an dernier, la police avait introduit son signalement dans une banque de données à la suite des photos relatives à une manifestation postées sur Instagram. Au printemps dernier, Schild en Vrienden reparaissait aux côtés d'un autre groupe d'extrême droite. Il était clairement question de provocation à l'égard d'organisations de gauche dont sans doute Comac, le mouvement de jeunes du PVDA-PTB. Pas de quoi cependant les classer comme groupe à risque.
Même constat du côté de la Sûreté de l'État : tout en suivant l'organisation, celle-ci n'avait pas d'indication de faits punissables. Ce n'est que dans ce cas qu'elle aurait pu utiliser des méthodes particulières de recherche. Dont l'infiltration de groupes secrets sur les réseaux sociaux. Sur base de cela, les ministres ont estimé que l'arsenal législatif actuel suffit pour contrôler et poursuivre de tels groupes.
Pas de quoi calmer l'opposition qui trouve qu'on ne va pas assez loin. Sans doute en raison de la présence au gouvernement de la N-VA. "Monsieur Geens, vous acceptez la légalisation de l'innommable… Avec M. Jambon, l'extrême droite a de beaux jours devant elle, mais ce seront des jours tragiques pour l'histoire du pays", a lancé le chef de groupe du PS, Ahmed Laaouej. Le ministre de la Justice et le CD&V ont plaidé l'apaisement. "C'est le ton de la modération qui donne de la force", a dit Koen Geens.
Le débat n'est pas clos : la N-VA a demandé de ne pas entraver la liberté d'expression, les autres partis insistent sur le développement d'un groupe classé par l'Ocam "proche des alt-right américains, sans doute moins dangereux que les identitaires allemands"… mais qui n'est pas à l'abri d'un dérapage.
