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"On peut très bien ne pas être croyant, mais être quand même attaché aux symboles liés à la fête de Noël"

La nouvelle crèche sur la Grand-Place a suscité la polémique. Certains y ont vu un manque de respect des traditions. Le MR en a même fait une pétition. Pour le politologue Vincent de Coorebyter (ULB), il est compréhensible que cela en devienne l'objet d'un débat politique.

Vincent de Coorebyter philosophe et politologue belge
Vincent de Coorebyter, philosophe et politologue belge. ©Bernard Demoulin

La polémique sur la crèche de la Grand-Place à Bruxelles a remis à l'avant-plan le respect des traditions chrétiennes. Le MR a en tout cas senti qu'il pouvait en tirer profit puisqu'il a lancé une pétition sur le sujet. N'est-ce pas paradoxal alors que les églises se dépeuplent ?

Il faut distinguer trois niveaux. Le premier consiste à rappeler que Noël n'est pas seulement une fête chrétienne. C'est d'abord une tradition, une fête familiale, un moment de convivialité, une symbolique de la joie lors de l'entrée dans l'hiver. On peut très bien ne pas être croyant, mais être quand même attaché à ces symboles, notamment s'ils renvoient à des souvenirs d'enfance. Le deuxième niveau d'analyse est lié au fait qu'à Bruxelles l'islam est devenu, depuis un certain temps déjà, la première confession religieuse, et que certains craignent un excès de complaisance à l'égard des musulmans. En 2012, la Ville de Bruxelles avait fait ériger un sapin artificiel, électronique et stylisé, qui avait déjà fait polémique. Cela s'inscrit dans le fait qu'une partie de la population n'apprécie pas l'effacement progressif de symboles chrétiens opéré au nom du multiculturalisme. Certains s'en irritent par xénophobie, d'autres par attachement au catholicisme, ou dans un esprit laïque, avec l'impression qu'une nouvelle religion est occupée à poser son empreinte à Bruxelles. À un troisième niveau d'analyse, je ne suis pas surpris que cela devienne un thème d'intervention de partis politiques qui estiment qu'il y a là un vrai motif de malaise. Ils peuvent s'en emparer soit par électoralisme, soit par conviction. Georges-Louis Bouchez ne cache pas que l'attaque contre la crèche de Noël s'inscrit dans sa guerre culturelle assumée contre ce qu'il appelle le "wokisme".

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