"Mon premier choix sera toujours le confédéralisme, parce que, avec le confédéralisme, nous pourrons mener toutes les réformes utiles à la Flandre"
Le chef de groupe N-VA à la Chambre, Axel Ronse, estime que son parti a pris la place que le CVP avait autrefois en Flandre.


- Publié le 24-01-2026 à 07h05
- Mis à jour le 24-01-2026 à 07h07

Vous pensez qu'un jour la Flandre sera indépendante ?
J'en rêve. Mais nous sommes des évolutionnaires, pas des révolutionnaires. On ne trouve pas, aujourd'hui, une majorité en Flandre pour vouloir vivre dans un État indépendant. Surtout aujourd'hui au moment où les gens voient que le gouvernement fédéral fonctionne bien. Mais, comme je l'ai dit, c'est en grande partie dû à une exception électorale : le fait que Flamands et les francophones ont voté à droite.
Ça veut dire que la N-VA demandera une réforme de l'État à la fin de cette législature, pour la législature prochaine ?
Oui. Si cela ne tenait qu'à nous, nous ouvririons tous les articles de la Constitution à une révision de façon à pouvoir mettre en place le confédéralisme immédiatement après les prochaines élections. Moi, je parle avec les Wallons de droite, du MR, mais aussi avec des gens des Engagés : ils me disent tous que s'ils étaient Flamands, ils demanderaient la même chose.
Vous préférez quoi ? Que la droite francophone se maintienne au pouvoir pour poursuivre les réformes socio-économiques lors des prochaines élections ou espérer le retour du PS pour négocier le confédéralisme ?
On s'entend très bien avec Georges-Louis Bouchez, avec David Clarinval, avec Yvan Verougstraete, avec Maxime Prévot, et si on peut continuer le travail avec eux, on le fera avec de plaisir. Comme flamand, mon premier choix sera toujours le confédéralisme, parce que, avec le confédéralisme, nous pourrons mener toutes les réformes utiles à la Flandre. En Flandre, les partis d'extrême gauche, c'est Groen et le PTB. Les autres partis démocratiques ne sont pas aussi extrêmes. Ils votent aussi pour la limitation du chômage, pour les réformes en matière de migration. Maintenant, je préférerais négocier le confédéralisme avec la droite wallonne.
Est-ce que la limitation du chômage dans le temps n'est pas, déjà, une réforme institutionnelle ?
Cette réforme est en tout cas une forme de transfert de compétence qui se double d'une diminution des transferts financiers puisqu'elle va toucher beaucoup plus la Wallonie que la Flandre. Mais je crois que ce sera aussi une bonne chose pour la Wallonie.
Selon Quinten Jacobs, auteur du livre Het betonnen beleid, une réforme en profondeur de nos institutions démocratiques s'impose…
Dans son livre, il souligne que la marge de manœuvre des responsables politiques est devenue extrêmement réduite à cause de législations très contraignantes, notamment au niveau européen. Je partage en partie cette analyse. La Constitution doit être affinée et simplifiée : dans son état actuel, elle entraîne trop de lenteurs et favorise les reports de décision. Mais il ne faut évidemment pas aller jusqu'à mettre en cause les droits fondamentaux des citoyens.
La N-VA est-elle aujourd'hui le nouveau CVP, un parti populaire qui prétendait incarner la Flandre ?
Je crois à la dialectique thèse – antithèse – synthèse. La thèse correspond à la période d'avant 1960, marquée par un modèle normatif où l'on dictait aux individus ce qu'ils devaient faire et penser. L'antithèse a vu l'émancipation de l'individu, chacun prenant en main sa propre existence. Aujourd'hui, nous sommes entrés dans une phase de synthèse : celle d'une liberté individuelle qui s'exerce au sein d'un cadre communautaire, avec un retour assumé des valeurs et des traditions. À mes yeux, le CD & V, fidèle à ses piliers historiques, est resté au stade de la thèse. La N-VA, en revanche, a évolué et s'inscrit pleinement dans cette synthèse.
Un nouveau cartel N-VA/CD & V pourrait-il voir le jour ?
Je ne le pense pas. La N-VA a d'ailleurs repris la place qu'occupait jadis le CD & V.
Vous rêvez d'être ministre un jour, ou… président de la Chambre ?
(Rires) Moi je veux pouvoir imprimer ma marque, avoir de l'impact sur le cours des choses comme chef de groupe. Je tiens à ma liberté de parole.
Vous avez d'autres passions que la politique ?
Oui, j'aime les sports d'endurance, comme le triathlon ou le kitesurf. Je m'entraîne intensivement. Je participerai pour la quatrième fois à un triathlon longue distance, cette fois à Annecy. Il me reste encore une dizaine de kilos à perdre et à augmenter la charge d'entraînement. Sans le sport, je ne pourrais pas assumer mes responsabilités de chef de groupe.