"J'ai vraiment honte pour les syndicats d'aujourd'hui. Ils ne sont plus là pour les gens qui bossent."
Axel Ronse, le chef du groupe N-VA à la Chambre, dresse le bilan du gouvernement fédéral, un an après sa mise en place. Il se félicite des réformes engrangées par l'Arizona sous la direction du Premier ministre Bart De Wever. Mais le confédéralisme reste une priorité pour lui.


- Publié le 24-01-2026 à 07h04
- Mis à jour le 24-01-2026 à 07h07

Né à Bruges en 1980, Axel Ronse (44 ans) est diplômé d'un master en philosophie de l'Université de Gand obtenu en 2005. Entrepreneur dans l'âme, ce nationaliste complète son parcours académique par un MBA à la Vlerick Business School en 2016. Installé à Courtrai, il y a exercé la fonction d'échevin de la Culture entre 2018 et 2024.
Après un engagement initial au sein des jeunes CD & V et sept années passées à l'Unizo − l'équivalent flamand de l'UCM −, il rejoint la N-VA en 2008 lors de la rupture du cartel CD & V/N-VA. Élu député flamand lors des élections de mai 2014, il est reconduit en 2019. En juin 2024, il est élu à la Chambre des représentants où il devient d'emblée le chef du groupe N-VA.
Cela fera un an que l'Arizona est en place. Comme chef de groupe du premier parti du pays, quel bilan faites-vous de son action ?
Je suis très impressionné par le dynamisme qu'on a retrouvé. La vitesse à laquelle on fait les réformes. On n'a jamais vu ça en Belgique. C'était nécessaire. Nous sommes comme une cinquième génération de dirigeants à la tête d'une entreprise familiale qui prospérait autrefois mais qui a été poussée vers la faillite par la génération précédente.
L'Arizona, c'est une nouvelle génération à l'œuvre ?
Oui, une nouvelle génération politique, qui a refusé de continuer comme si tout allait bien. La sécurité sociale est en train de craquer de partout. Nous osons prendre les réformes pour la sauver. J'ai beaucoup de gratitude envers les syndicats. Mais pas envers les syndicats actuels. Envers quelqu'un comme l'abbé Adolf Daens, syndicaliste à Alost à la fin du XIXe siècle. Les travailleurs dans les fabriques, dans les usines textiles n'avaient aucune protection. C'est grâce à des gens comme lui que nous avons eu une bonne sécurité sociale. L'objectif des partis de l'Arizona, avec toutes leurs différences, poursuit le même but : sauver et renforcer la sécurité sociale.
Les syndicats disent au contraire que vous la cassez.
J'ai vraiment honte pour les syndicats d'aujourd'hui. Ils ne sont plus là pour les gens qui bossent. Quelqu'un qui veut bosser plus de 38 heures par semaine, ils le découragent et quelqu'un qui vit d'une allocation, ils l'encouragent à rester à la maison. C'est le système PS qu'ils défendent. Nous avons besoin d'un nouveau syndicat dans le pays. Un vrai syndicat.
Cette image des syndicats qui entretiennent les gens dans un rapport de dépendance aux allocations, n'est-ce pas une caricature ? Pensez-vous que les gens rêvent de rester au chômage ?
Vous avez raison : on ne va pas au chômage par plaisir. Ceux que nous devons blâmer, ce sont les politiciens qui ont mis en place de tels systèmes pour maintenir les gens dans leur dépendance. Moi je viens de Courtrai. C'est très proche de Mouscron où il y a beaucoup de gens inactifs. Et pourtant, à Courtrai, nous avons beaucoup de mal à trouver de la main-d'œuvre. On était le seul pays où le chômage était illimité dans le temps. Cela n'allait pas. Nous avons mis fin à cela. Résultat ? Parmi les gens qui étaient depuis 20 ans ou plus au chômage et qui ont perdu leur allocation depuis le 1er janvier, 13 % ont déjà trouvé un job. C'est impressionnant. Évidemment, certaines personnes ont de grands problèmes d'employabilité. Mais, pour elles, il y a l'économie sociale. Il y a aussi le CPAS.
Vous vous comparez à la cinquième génération politique qui va reconstruire la sécurité sociale que la précédente avait cassée. Mais c'est qui cette quatrième génération ? Quand a-t-elle émergé ?
En 1999, avec le premier gouvernement Verhofstadt. C'est une génération qui a gouverné la Belgique pendant 25 ans. Au début des années 2000, la conjoncture était favorable. C'était le moment de constituer des réserves, notamment pour le système des pensions. Au lieu de cela, ce gouvernement a ouvert les fenêtres et jeté l'argent dehors. Il a aussi adopté la snel-Belgwet permettant à des étrangers de devenir belge sans conditions. S'il avait fait les réformes nécessaires à ce moment-là, nous ne devrions pas aller si fort aujourd'hui. Même durant la Suédoise (gouvernement fédéral de 2014 à 2019 auquel la N-VA a participé, NdlR), ce n'était pas satisfaisant. Il y a eu quelques réformes en matière d'immigration, de sécurité intérieure. Mais sur le plan social et le plan fiscal, à l'exception du tax-shift, cela a été très insuffisant.
Est-ce que le Premier ministre, un nationaliste, ne fournit-il pas la preuve que le pays marche ?
L'Arizona montre qu'on peut faire des grandes réformes. Mais nous profitons d'une conjoncture électorale favorable. C'est la première fois dans ma vie que le choix des électeurs en Wallonie est similaire à celui des électeurs flamands. Quelle est la probabilité qu'une telle similarité se reproduise ? C'est sans doute presque la même probabilité que de gagner deux fois de suite à la loterie. Qu'est-ce qui va se passer avec toutes ces réformes si, en Wallonie, les gens se remettent à voter pour le PS et le PTB ? Donc, pour moi, le confédéralisme reste indispensable si on veut protéger nos réformes et la compétitivité des entreprises flamandes. Ce sera toujours la meilleure option. Et je ne dis pas ça parce que je suis contre la Wallonie. J'adore la Wallonie. Mais dans ce pays, il y a deux cultures très différentes, deux langues, deux opinions publiques. Ce sont deux démocraties.
La deuxième partie de l'interview ici.