Maxime Prévot sur le déficit de l'État : "Le MR se gargarise alors que de tous les partis, c'est celui qui fait exploser l'endettement"
Comme chaque matin, Maxime Binet reçoit un invité dans le "Café sans filtre" sur LN24 et LN radio afin d'évoquer les sujets chauds de l'actualité. Ce lundi mai, c'est au tour de Maxime Prévot.
- Publié le 13-05-2024 à 10h55
- Mis à jour le 13-05-2024 à 10h58
Maxime Prévot a tout d'abord été interrogé sur la question du réinvestissement dans la sécurité. Le président des Engagés estime que les thématiques de police et de justice ont été négligées par les partis depuis 20 ans : "Je ne pense pas qu'il y ait eu un laxisme volontaire. Je pense, en revanche, qu'on paie aujourd'hui les pots cassés d'un désinvestissement structurel dans les matières de police et de justice."
Selon Maxime Prévot, la situation actuelle est "liée notamment à l'intensification, ces dernières années, du trafic de drogue. Les technologies permettent maintenant de faire quatre récoltes de cocaïne par an au lieu d'une dans les pays d'Amérique centrale ou du sud, le marché américain a été inondé. On a une surabondance de l'offre qui s'est d'abord déversée sur les États-Unis. Maintenant que les États-Unis sont saturés, ça arrive en Europe par le port d'Anvers. C'est la raison pour laquelle, depuis trois ans maintenant, on s'est étonné à découvrir qu'il y avait, au cœur des quartiers, une intensification du trafic. L'offre ayant excédé la demande, les prix ont chuté et donc l'accessibilité et l'addiction se sont renforcées. C'est un élément pour lequel il faut qu'il n'y ait aucune concession, une mobilisation sans faille de l'ensemble des acteurs de la justice et de la police. Pour cela, il faut qu'ils en aient les moyens. Raison pour laquelle on veut doubler le budget accordé à la justice et engager 3500 policiers dont un quart rien que sur Bruxelles. Les fusillades se multiplient sur Bruxelles."
Engager plus de 3500 policiers, cela a un coût. Maxime Prévot estime qu'"il faut faire des choix. Vous ne pouvez pas aujourd'hui avoir un État qui continue de fonctionner, qui procure la sécurité nécessaire à sa population si vous n'investissez pas de manière prioritaire dans la justice. Nous souhaitons investir un milliard supplémentaire d'ici 2030 dans l'œuvre de justice."
La discussion s'est ensuite dirigée vers le déficit budgétaire de l'État qui explose de plus de 5 %. Le président des Engagés affirme qu'"aucune formation politique n'arrive à présenter un modèle qui, d'ici 2029, permet de revenir avec les 3 %".
"Il y a des moins bons élèves mais il y a en aussi des catastrophiques", poursuit-il. "Quand je vois le MR qui se gargarise sur les réseaux sociaux d'avoir présenté quelque chose de vertueux alors que, de tous les partis, du nord comme du sud, c'est celui qui fait exploser l'endettement. Le parti socialiste qui se présente comme le bon élève mais qui oublie de dire que c'est parce qu'il va taxer à crever le capital, et surtout le patrimoine des citoyens".
"Nous avons fait un exercice raisonnable qui permet de diminuer l'endettement, qui davantage d'emplois que ce que projette le Bureau du plan. Nous sommes simplement réalistes. Nous n'arriverons pas, endéans les 5 ans, à pouvoir complètement, assainir les trajectoires de financement."

