La N-VA conforte sa place de leader en Flandre, Bart De Wever peut prétendre au 16 rue de la Loi
En Flandre, la N-VA, le Belang et Vooruit sont les trois grands gagnants de ces élections. Le parti du Premier ministre, l'Open VLD, est sévèrement sanctionné par l'électeur. Groen aussi.

- Publié le 09-06-2024 à 23h44
- Mis à jour le 09-06-2024 à 23h51

C'est un petit coup de tonnerre au nord du pays, tant les sondages prédisaient le schéma inverse : la N-VA conforte sa place de leader devant le Vlaams Belang. Elle enregistre une légère progression de 0,7 % (26,1 %) par rapport à 2019. C'est clairement un tour de force que le parti de Bart De Wever a réalisé là, face à l'extrême droite que les sondages plaçaient en pole position. Finalement, le parti de Tom Van Grieken enregistre une progression d'un peu plus de trois points par rapport au dernier scrutin… on est donc loin du raz-de-marée qui était annoncé.
C'est indéniablement le fait marquant qui ressort de ces élections en Flandre, là où le duel entre la N-VA et le Belang a été intense durant toute la campagne électorale. Bart De Wever lui-même a déclaré dimanche soir "être soulagé suite à une campagne qui a été difficile, la plus difficile qu'il ait jamais connue". Le président de la N-VA a incontestablement marqué des points en remportant tous ses derniers débats électoraux face à un Tom Van Grieken erratique. "Nous avons gagné ces élections", s'est félicité Bart De Wever. "La Flandre, plus que jamais, a voté pour l'autonomie. Il faudra tenir compte du choix des Flamands. La Flandre a réglé ses comptes avec le gouvernement Vivaldi", a-t-il illico commenté.
Les partis de la Vivaldi sanctionnés, à l'exception de Vooruit
Une manière de pointer du doigt les grands perdants de ce scrutin, les libéraux et les écologistes flamands en tête. L'Open VLD, parti du Premier ministre Alexander De Croo, s'écrase effectivement littéralement. Dans un discours prononcé dimanche soir, l'intéressé, visiblement très ému, a félicité les vainqueurs de ce scrutin – la N-VA, le Belang et Vooruit – et a déclaré que "les libéraux reviendraient".
En perdant plus de cinq points, le Open-VLD se retrouve carrément en dessous de la barre des 10 % (8,4 %) et ainsi dépassé par le PVDA (le pendant flamand du PTB), une véritable claque pour le chef de la Vivaldi. Dimanche, la déception était telle dans le clan des libéraux flamands que la presse a carrément été invitée à quitter les lieux. Le père du Premier ministre sortant, Herman De Croo, s'est quant à lui étonné que "la notoriété et le travail de son fils au cours des dernières années ne se reflètent pas" dans les résultats de son parti.
En réalité, tous les partis flamands de la coalition fédérale Vivaldi, à l'exception de Vooruit, sont sanctionnés par l'électeur. Les Verts et le CD&V perdent en effet également des plumes, avec respectivement 7 % (-2,9) et 12,9 % (-1,3) des voix exprimées. Les socialistes flamands, en revanche, sont les troisièmes grands gagnants de ce scrutin en Flandre. Visiblement, la descente aux enfers de son ancien président Conner Rousseau – qui avait fait un pas de côté à la suite de propos sexistes et racistes – n'a pas impacté négativement le score des socialistes flamands. L'intéressé avait même fait le choix de revenir dans la course en se présentant sur la liste de Flandre orientale au Parlement flamand. Fait notable : Dans cette province, Conner Rousseau, dernier de la liste, a récolté plus de voix que la tête de liste, Freya Van den Bossche ! C'est dire la popularité qu'a conservée celui qui se fait appeler "King Connah" sur les réseaux sociaux.
La N-VA, formatrice d'un futur exécutif flamand
Ce qui est en tout cas clair, désormais, c'est que la stratégie de fermeté que Bart De Wever s'est employé à déployer à l'égard du Belang durant toute la campagne électorale, singulièrement dans la dernière ligne droite, a été bénéfique pour les nationalistes flamands. Bart De Wever a dès lors tout le loisir, comme ce fut le cas en 2019 et en 2014, de prendre les rênes de la formation du gouvernement flamand. À l'échelon fédéral, enfin, plus rien ne s'oppose – sur papier en tout cas – à ce que Bart De Wever puisse prétendre au poste de Premier ministre. En pratique, ce scénario s'avère bien plus difficile à tenir, a fortiori avec des partis francophones qui ne sont pas nécessairement prêts à une pareille perspective…
