Une "situation honteuse" déplorée à l'ULB : "Cela nuit à la réussite des étudiants"
C'est la file pour suivre les cours à l'ULB. L'université fait face à une population estudiantine toujours plus grande.
- Publié le 08-10-2024 à 20h58
Premier arrivé, premier servi. Cela n'a jamais été aussi vrai cette année à l'Université Libre de Bruxelles. C'est que les places sont chères.
"Chaque année, il y a de plus en plus d'étudiants, c'est un problème récurrent le manque de places en auditoire. Mais cette fois-ci, c'est plus que d'habitude et les infrastructures ne changent pas", signale Rémy Dulière, responsable communication du BEA (bureau des étudiants administrateurs)
Les auditoires ne parviennent pas à accueillir tous les étudiants à tel point que certains ne peuvent rentrer ni assister au cours. Cela donne lieu à des scènes où des étudiants sont assis par terre devant la porte ouverte du local. "Cela concerne les premières années dans beaucoup de facultés. Mais on a aussi des 2e et 3e années de bachelier en philosophie, psychologie et sciences sociales qui sont confrontés au même problème", détaille Rémy Dulière. "On est forcé de demander les notes à d'autres étudiants, de négocier avec le professeur pour qu'il envoie son cours, etc."
Alerté, le BEA dénonce "cette situation honteuse" sur les réseaux sociaux et réclame, avec les autres cercles estudiantins, le droit à étudier sereinement. "Des étudiants inscrits, ayant payé leur minerval, doivent pouvoir suivre leur année de la meilleure des manières. L'Université se doit de fournir tous les moyens nécessaires à ses étudiants pour qu'ils puissent réaliser leurs études dans les meilleures conditions. Cette situation nuit à la réussite des étudiants, à leur apprentissage et met à mal le bon fonctionnement de l'Université", relaye-t-il dans un post.
35 % en cinq ans
Du côté de l'ULB, on est bien conscient du problème même si le service Sacha (Service d'appui et coordination horaires et auditoires) n'a reçu aucune plainte pour le moment. "On assiste à une augmentation assez significative du nombre d'étudiants depuis cinq ans. On ne peut que se réjouit de l'attractivité de l'université et de ses enseignements. En cinq ans, on a une augmentation de 35 % des inscriptions et dans certaines filières comme la psychologie et l'architecture, cela monte à 75 % et c'est lié à la venue d'étudiants français. Le défi de cette attractivité est énorme", indique Valérie Piette, vice-rectrice à l'enseignement et à la qualité.
Cette année, l'augmentation est légère. Néanmoins, l'ULB cherche des locaux à Ixelles et au centre-ville. L'auditoire rue du Lombard offre une légère respiration pour la faculté d'architecture. "Chaque année c'est un vrai casse-tête. Il y a une tension en début d'année qui s'éteint au bout de quelques semaines. Elle revient en janvier lors des examens. On va peut-être externaliser les évaluations comme le font d'autres universités", commente Valérie Piette. "Le Janson, amphithéâtre classé, va être rénové et il faudra trouver un autre endroit pour les étudiants."
Le distanciel a été envisagé sans être retenu par l'ULB pour répondre au problème. Le BEA comme l'ULB appellent au refinancement de l'enseignement supérieur.