Quel bilan tirer, deux ans après la généralisation de l'EVRAS dans les écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles ?
L'éducation à la vie relationnelle affective et sexuelle a été rendue obligatoire il y a deux ans.

- Publié le 10-12-2025 à 06h36

En 2023, un Accord de coopération était conclu afin de généraliser le dispositif Evras à toutes les écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles. L'annonce avait fait grand bruit et provoqué la colère de certains parents, vivement opposés à l'organisation de ces activités d'Éducation à la Vie Relationnelle Affective et Sexuelle à l'école.
Deux ans plus tard, la Fédération Wallonie-Bruxelles a rendu ce 1er décembre un rapport d'évaluation sur sa mise en œuvre dans les écoles de l'enseignement obligatoire. Celui-ci constitue le premier volet de l'évaluation bisannuelle à laquelle est soumis l'Evras par le Service général de l'Inspection (SGI).
Le rapport paru avait notamment pour mission de répondre à la question suivante, posée par la ministre de l'Enseignement Valérie Glatigny (MR) le 3 octobre 2024 : "Les animations Evras ont-elles été mises en place au sein des écoles en 2023-2024 ?"
Une mise en place dans 89 % des écoles
La réponse est largement "oui", selon les résultats du sondage mené par le Service général de l'Inspection. Près de 9 écoles sur 10 (89 %) ont mis en place ces animations obligatoires dans les classes ciblées par le décret, soit la 6e primaire, la 4e secondaire et dans l'enseignement spécialisé.
Le reste des écoles, où les animations Evras n'ont pas été organisées, évoquent plusieurs justifications. Pour 11 % d'entre elles (soit 47), l'absence de ces activités est imputable à l'impossibilité de trouver un opérateur disponible (par exemple un centre de planning familial ou un CPMS) pour dispenser les formations.
Pressions et difficultés d'adaptation
Pour 17 établissements du fondamental ordinaire, les animations n'ont pas été mises en place en raison de pressions exercées par les parents.
Enfin, 8 écoles du spécialisé mettent en cause une "difficulté d'adaptation des animations aux profils spécifiques de leur population scolaire".
Des fake news qui suscitent l'inquiétude des parents
Au-delà du sondage, des informations ont aussi été récoltées via des visites de terrain dans les écoles. Elles ont notamment permis d'identifier que 4 écoles fondamentales ont rencontré "des difficultés de mise en œuvre liées à la diffusion d'informations erronées dans les médias et véhiculées par les réseaux sociaux à la rentrée scolaire 2023-2024."
En d'autres termes, ces rumeurs et fausses informations sont parvenues aux oreilles des parents, suscitant l'inquiétude de certains. Ils craignaient principalement que des sujets liés à la sexualité soient abordés dès la maternelle, que la notion de genre soit traitée ou que des informations jugées inadaptées à l'âge des enfants ou "honteuses" soient diffusées.
Un tiers des écoles a également décidé d'étendre les animations à d'autres classes que la 6e primaire et la 4e secondaire.