Blocage à l'ULB : des cours annulés et un bâtiment potentiellement inutilisable pour tout le quadrimestre
Le blocage du bâtiment P1 par des étudiants force les professeurs à se réorganiser.

- Publié le 28-10-2026 à 09h38
- Mis à jour le 28-10-2026 à 10h28

La mobilisation étudiante se poursuit à l'ULB. Après plusieurs actions de blocage organisées récemment, dont celle du jeudi 22 octobre sur le campus du Solbosch, l'occupation du bâtiment P1 inquiète désormais le corps professoral. En cause : l'impossibilité d'accéder aux salles de cours et à certains bureaux.
Dans un mail interne envoyé mardi soir aux étudiants en langue que nous avons pu consulter, la situation semble pouvoir durer.

"L'occupation en cours a privé nombre d'entre nous de nos bureaux […] Plus important encore, elle nous a privés de toutes les salles prévues pour nos cours du mercredi et du vendredi, ainsi que de celles nécessaires aux nombreux autres cours de langues et activités pédagogiques organisés quotidiennement dans ce bâtiment", peut-on lire.

Rappelons qu'un précédent blocage similaire, en 2024, avait coûté entre 500 000 et 700 000 euros à l'ULB, selon la rectrice. Elle avait annoncé vouloir déposer une plainte pour dégradations d'un bâtiment alors récemment rénové. Les étudiants, qui évoquaient alors un soutien au peuple palestinien, avaient évacué les lieux sous les yeux d'un huissier escorté par la police après plusieurs semaines de blocage.
Des annulations possibles à la dernière minute
Contactée dans la journée mardi à propos de ce blocage, mais avant de pouvoir consulter le mail, l'ULB n'a alors pas pu commenter la situation. Recontactée ce mercredi matin, l'université dit attendre le retour du rectorat sur cette question. Précisons que la période de vacances scolaires peut jouer sur l'absence de certains membres du personnel, même si la vie du campus n'est pas concernée directement.
"ULB Langues travaille activement à trouver des alternatives, mais nous ne disposons pas encore de salles pour tous nos cours cette semaine", mentionne néanmoins le mail envoyé mardi en soirée.
"L'organisation de la semaine prochaine, lorsque tous les étudiants reprendront les cours, risque d'être encore plus compliquée", renchérit-il.
Les responsables de cours invitent les étudiants à vérifier régulièrement leur horaire en ligne pour suivre la situation. "Certaines annulations forcées, en raison du manque de salles, pourraient également être annoncées au dernier moment", peut-on encore lire.
Sur place, ce mercredi matin, plusieurs personnels de sécurité encadrent le bâtiment, dans le calme. "Cela dure depuis plusieurs jours en fait. On a vu pire. Mais on surveille", nous glisse l'un d'eux.
Derrière la vitre de l'une des portes, un étudiant, assis sur une chaise, monte la garde pour empêcher toute intrusion. Les différentes entrées du bâtiment sont, quant à elles, barricadées à l'aide de barrières et d'objets divers, disposés de manière à en bloquer l'accès.
Un bâtiment inaccessible jusqu'à la fin du quadrimestre ?
"Nous ne pouvons pas garantir, à ce stade, que les cours pourront se tenir régulièrement ni qu'ils auront lieu dans les mêmes salles chaque semaine", apprend-on encore via le mail interne. "Compte tenu de l'état actuel du bâtiment P1, il est toutefois très peu probable que les cours reprennent dans ce bâtiment durant ce quadrimestre", regrette encore la communication.

Une mobilisation contre les mesures d'austérité
Ce blocage intervient dans un contexte de contestation étudiante contre les mesures d'économie touchant l'enseignement supérieur, notamment la hausse du minerval, bien que différents paliers soient désormais établis en fonction des revenus des parents, et les modifications du décret paysage ainsi que de "la casse sociale".
Le collectif "Gen-Z contre-attaque" avait notamment organisé un blocage partiel du campus du Solbosch le 22 octobre pour dénoncer ces mesures. L'ULB avait alors maintenu les cours malgré les perturbations.
Mais pour le moment, on ne sait pas si le blocage du bâtiment P1 est lié ou non à cela ni à ce collectif. Certains étudiants évoquent le Comac, qui serait derrière l'initiative, mais impossible à confirmer à ce stade.
"Nous vous demandons de faire preuve de patience et de compréhension face à cette situation sans précédent et difficile, tant pour ULB Langues que pour nous, enseignants", affirme le courrier interne, afin de tenir informés les étudiants et rassurer tant que possible sur les prochaines journées et semaines.
Pour ce qui est des heures perdues, les professeurs planchent actuellement sur une éventuelle récupération ultérieurement.