L'offre de trains renforcée dès ce dimanche : "On vise 30 % de voyageurs en plus d'ici 2032"
La SNCB adapte son offre dès ce dimanche 10 décembre. Une nouvelle liaison est créée et certaines lignes sont renforcées, notamment le week-end et en soirée. D'autres objectifs à plus long terme devraient amener le rail à changer de visage dans les 10 prochaines années.
- Publié le 10-12-2023 à 17h56
- Mis à jour le 11-12-2023 à 06h42

L'offre de trains va évoluer ce dimanche 10 décembre, avec le déploiement de la première phase du plan de transport 2023-2026. Ce plan s'inscrit dans la mise en œuvre du contrat des services publics 2023-2032 et de la vision Rail 2040. L'objectif affiché est un renforcement de toutes les offres sur le rail. "On espère augmenter la part modale du train et ainsi diminuer l'impact de la voiture", explique le ministre de la Mobilité Georges Gilkinet.
Concrètement, certaines liaisons vont être renforcées et d'autres vont être créées. Une nouvelle ligne reliera Charleroi-Central à Louvain, en passant notamment par Fleurus, Ottignies ou Wavre. L'offre sera aussi adaptée le week-end et en soirée, principalement au départ des grandes villes, pour faciliter les déplacements liés aux loisirs. La région de Liège bénéficiera, elle, d'une réorganisation de l'offre avec la création de nouvelles liaisons suburbaines. Enfin, les horaires de certains trains P peu empruntés seront modifiés et un trajet sera supprimé – la liaison Schaerbeek – Grammont de 16 h 20.
D'autres objectifs sont également poursuivis à plus long terme. "D'ici à 2032, on vise 30 % de voyageurs supplémentaires, le renouvellement de la moitié du matériel roulant, le doublement du nombre de gares accessibles et l'équipement de l'entièreté du réseau en matière de sécurité", précise encore Georges Gilkinet. Les ambitions sont chiffrées, financées et ficelées dans des contrats. "On n'a pas la garantie que le prochain gouvernement ne détricotera pas ce qu'on a fait, mais on a mis des verrous pour compliquer au maximum un éventuel retour en arrière."
Infrabel emprunte un milliard d'euros
Pour espérer attirer davantage de navetteurs, Georges Gilkinet est conscient de la nécessité d'améliorer la ponctualité des trains. "Je ne suis moi-même pas satisfait à ce niveau-là." Le problème est multifactoriel. D'ici 18 mois, les choses pourraient déjà s'améliorer, avec la livraison prévue de nouveaux trains à double étage "On en a commandé 700 et on n'en a reçu que 300 pour le moment. On attend encore les autres, le fournisseur a du retard."
Pour accélérer la mise en œuvre des grands chantiers, Infrabel a aussi contracté un emprunt d'un milliard d'euros. "Ça va donner un coup d'accélérateur aux travaux d'infrastructures. Les trois priorités sont de mieux relier les ports flamands avec le rail, de terminer le RER côté wallon, et de moderniser l'axe 3 qui relie Bruxelles au Grand-Duché de Luxembourg."
Le transport de marchandises devrait également fortement augmenter. "Le passage par le rail plutôt que par les routes va permettre d'améliorer la sécurité routière en diminuant le nombre de camions. Et moins de trafic routier, c'est moins de dégradations des infrastructures routières."
D'ici 10 ans, le rail devrait donc avoir changé de visage. En attendant, il faudra encore prendre son mal en patience, avec des avancées progressives. "On a hérité d'un rail désuet qu'il a fallu refinancer. Et le temps ferroviaire est long, les changements ne se marquent que petit à petit."
Toutes les modifications de l'offre sur le rail déployées dès ce dimanche 10 décembre sont à retrouver sur le site sur le site de la SNCB.
