En Flandre, De Lijn réorganise ses lignes, plus de 3200 arrêts de bus passent à la trappe
La ministre de la Mobilité Lydia Peeters (Open VLD) affirme que le nouveau plan d'accessibilité "fonctionne" malgré les nombreuses plaintes. Des réajustements seront néanmoins possibles.

- Publié le 11-01-2024 à 18h08
- Mis à jour le 11-01-2024 à 20h42

À moins de 6 mois des élections, la ministre flamande Lydia Peeters (Open VLD) s'accroche pour ne pas vaciller face aux vents violents que soulève le nouveau plan de mobilité de la société de transport en commun De Lijn, lancé quelques jours plus tôt. Mercredi, dans l'hémicycle flamand, la Limbourgeoise en a pris pour son grade. Déterminée, la libérale ne compte toutefois pas lâcher prise face aux vives critiques de l'opposition Groen, PVDA, Vooruit et Vlaams Belang.
Le nouveau plan de mobilité a pour but – notamment – de concentrer les bus et les trams sur les lignes les plus demandées. Cette nouvelle organisation implique qu'environ 3 200 arrêts – la ministre n'a pas été plus précise – ont été supprimés, principalement dans les zones rurales. Selon les projections, près de deux villes et communes sur trois en Flandre seront affectées par ce mouvement de suppressions.
Pour justifier son plan, De Lijn avance que les navetteurs préfèrent qu'il y ait moins d'arrêts durant les trajets. Et que des trajets soient moins longs. C'est pourquoi, en concertation avec les villes et les communes, la société de transport a choisi des temps de trajet plus courts sur les grandes lignes en espérant ainsi attirer davantage de voyageurs.
Réserver son trajet en ligne
Dans les zones rurales, De Lijn opte pour des solutions sur mesure via le système de bus flexibles. Les trajets pourront être réservés par les voyageurs via une application. Il suffira de cliquer sur le site de De Lijn dans un créneau compris entre 30 jours et 30 minutes avant le voyage. Les tarifs pour ces trajets flexibles sont les mêmes que pour les réguliers.
Mercredi dans l'hémicycle flamand, Lydia Peeters, a réfuté le fait que le nouveau plan de transport ait provoqué le "chaos" sur le terrain. En répondant aux critiques de l'opposition, la ministre a affirmé que toutes les plaintes – on cite le nombre de 3000 – seront traitées correctement. "Nous les prenons à cœur et nous procéderons à des ajustements. Nous ne laisserons personne de côté", a répondu la ministre.
Débat houleux
Cela n'a pas semblé calmer l'opposition. Selon le député Stijn Bex (Groen), les voyageurs les plus vulnérables sont particulièrement touchés par le nouveau plan. L'élu écologiste a estimé que la ministre Peeters avait géré la réforme de manière "insuffisante". Pour la députée Els Robeyns (Vooruit), la ministre a ignoré les avertissements pendant des années et doit désormais oser admettre que "le plan ne fonctionne pas".
"Il fonctionne", a répliqué la ministre Lydia Peeters. Selon elle, le chaos annoncé ne s'est pas produit et il existe également de nombreux "signaux positifs". Lydia Peeters a dit rester pleinement favorable à la réforme. Selon elle, des fréquences plus élevées et des temps de trajet plus rapides permettront d'augmenter le recours aux transports en commun par rapport à l'usage de la voiture privée.
Le ministre-président Jan Jambon (N-VA) a tenu à manifester son soutien envers ce plan de mobilité mis en œuvre par la ministre libérale. Il a rappelé que sa base décrétale a été approuvée sans une seule voix contre et que toute réforme majeure s'accompagne de "problèmes de démarrage". "Mais nous nous engageons à ajuster et à compléter si nécessaire", a indiqué Jan Jambon. Selon lui, il faut donner au plan la possibilité de "prendre effet".
Rigueur budgétaire
Ce nouveau plan est censé donner une nouvelle impulsion au réseau flamand, fort critiqué depuis des années. Il y aurait urgence. Selon les experts, le manque de fonds publics explique, au moins partiellement, les problèmes auxquels De Lijn est confronté. Ben Weyts (N-VA) avait pratiqué de sévères coupes budgétaires lorsqu'il était en charge de la Mobilité. Cela se ressent aujourd'hui.
Récemment, Ann Schoubs, la CEO de De Lijn, a demandé à son autorité de tutelle 300 millions d'euros pour renflouer ses caisses. Mais elle devra patienter. La manne flamande n'est pas extensible, ne manque jamais de rappeler le ministre du Budget Mathias Diependaele (N-VA) pour qui chaque euro compte. Fidèle à sa réputation, le gouvernement Jambon a toujours brandi l'argument de l'orthodoxie budgétaire. Et la règle est la même pour tous, y compris pour De Lijn.
Le réseau de De Lijn transporte chaque jour plus de 80 0000 voyageurs. Des grèves, les unes après les autres, ont fini par exaspérer les voyageurs qui, en plus du nouveau plan de mobilité, doivent s'attendre à une hausse des tarifs à partir de 2025.
