Grève sur le rail et dans les transports : les bus et les trams fortement perturbés, actions des syndicats sur la place Albertine

Une grève perturbe plusieurs services en Belgique du 26 au 30 janvier 2026. Le rail et les réseaux Tec sont fortement impactés tout au long de la semaine.

Cinq syndicats du rail se sont rassemblés pour autant de jours de grèves, du 26 au 30 janvier 2026. Les trains seront même à l'arrêt dès dimanche 22h00, jusqu'à vendredi prochain, même heure. Les représentants des cheminots dénoncent la détérioration du service public et s'opposent à l'avant-projet de loi réformant les chemins de fer. Les transports en commun wallons (Tec) sont également fortement perturbés cette semaine en raison d'actions de grève menées en front commun.

Lundi, premier jour d'un mouvement de grève contre les mesures du gouvernement fédéral, la SNCB prévoit la circulation réduite de ses trains : trois trains IC sur quatre et deux trains L et S sur trois circuleront. Les trains P desservant les liaisons étudiantes vers Bruxelles, Louvain, Gand, Liège et Louvain-la-Neuve seront maintenus le soir, mais peu de trajets auront lieu dans la journée.

Les syndicats réagissent

Le syndicat  FGTB s'oppose à la réforme des retraites qui va impacter le statut et les pensions des cheminots, ainsi qu'à la réforme des chemins de fer. 

Pierre Lejeune, président de la CGSP Cheminots, a pointé un démantèlement structurel. "On veut transférer les activités de HR Rail vers les entités (SNCB et Infrabel), ce qui affaiblira l'unicité du statut et du dialogue social." Le président a également dénoncé la contractualisation de l'emploi dès le 1er juin 2026. 

Tout ceci alors que le gouvernement va imposer aux entreprises et services fédéraux de s'acquitter d'une cotisation patronale de pension avoisinant les 38% pour leurs agents statutaires. "Cela va plomber l'emploi statutaire", s'est indigné le syndicaliste.

Action de la FGTB sur la place Albertine

La FGTB a mené lundi une action de solidarité à Bruxelles. Réunis dès 10h00 place de l'Albertine, un millier de militants ont symboliquement "allumé les feux rouges" pour soutenir les cheminots et dénoncer les mesures d'économie prévues par le gouvernement fédéral.

Sous un ciel gris, les manifestants ont déployé une banderole "L'Arizona déraille" avant de former vers 11h00 une chaîne humaine reliée par un fil rouge, symbolisant la solidarité envers les cheminots. 

Pour la FGTB, l'enjeu dépasse le rail: c'est l'ensemble des services publics qui sont menacés. "Quand on coupe dans le rail, l'enseignement ou les soins, c'est toute la société qu'on appauvrit", a martelé Selena Carbonero Fernandez, secrétaire générale de la FGTB.

Heure de pointe compliquée en Flandre

L'heure de pointe s'est révélée particulièrement dense lundi matin sur les autoroutes du nord du pays, avec un total de 240 kilomètres d'embouteillages comptabilisés, selon le Centre flamand de gestion du trafic.

Plusieurs accidents, notamment sur les autoroutes E313 (Massenhoven) et E40 (Affligem), ayant entraîné des temps d'attente de plus d'une heure, en sont la cause, mais la grève des chemins de fer a probablement aussi joué un rôle, note le centre.

"Cependant, l'heure de pointe n'a pas commencé plus tôt par crainte des embouteillages, comme c'est souvent le cas les jours de grève", explique le porte-parole Peter Bruyninckx.

La SNCB propose un service alternatif

Pour savoir si votre train roule, il faut se rendre sur le site de la SNCB, qui propose un service alternatif au cours de la semaine. 
Voici ce que l'on peut lire sur leur site ce lundi matin: 

La circulation des trains suivants, pour ce lundi 26 janvier :

  • 3 trains IC sur 4
  • 2 trains S et L sur 3
  • peu de trains P (trains renforçant l’offre aux heures de pointe)
Les bus et les trams surtout concernés par la grève

Dans la région de Liège et Verviers, plus de 80 % des lignes de bus ne circulent pas ce lundi.
Tandis qu'à Charleroi, la circulation des bus est normale, à l'exception de deux lignes qui ont été fermées. 

La grève des bus et des trams durera toute la semaine. 

Le réseau Letec fortement perturbé lundi

De manière générale, les cinq zones Letec mentionnaient de fortes perturbations, "pour une durée indéterminée", sur la plupart de leurs lignes.Les voyageurs et voyageuses sont dès lors invités à consulter régulièrement l'application mobile ainsi que le site internet de l'opérateur de transport.Quelques boutiques Letec étaient ouvertes dans la zone Namur-Muxembourg. La centrale téléphonique (081/25 35 55) est joignable jusqu'à 17h00.

Le réseau Letec Liège-Verviers fortement perturbé lundi

Un peu plus de 80% des voyages prévus sur le réseau Letec Liège-Verviers sont supprimés, lundi matin, en raison du préavis de grève déposé en front commun syndical en réaction aux mesures prévues dans le cadre de la révision du Contrat de service public Letec, a rapporté la porte-parole Isabelle Tasset.Au total, 113 lignes sont totalement à l'arrêt, dont le réseau structurant liégeois, dix lignes sont perturbées (circulation avec une fréquence moindre due à des voyages supprimés), et 82 lignes circulent normalement. 

Des perturbations ne sont toutefois pas à exclure en fonction de blocages éventuels en cours de journée.

Les voyageurs et voyageuses sont dès lors invités à consulter régulièrement l'application mobile ainsi que le site internet de l'opérateur de transport.

Les PME bruxelloises optent en majorité pour du télétravail face à une grève

La moitié des PME bruxelloises (50%) optent pour du télétravail en cas de grève pour limiter les perturbations. Ce chiffre n'est que de 11% en Flandre et 21% en Wallonie, indique lundi le prestataire RH SD Worx, à l'occasion de la grève sur le rail.Une étude précédente avait déjà démontré que les travailleurs bruxellois sont les plus impactés par les grèves des transports publics, ce qui explique en partie pourquoi les entreprises de la capitale adoptent plus rapidement des solutions structurelles.Dans les secteurs de l'industrie et du bâtiment, les entreprises doivent ajuster leur fonctionnement. Ainsi, 19% d'entre elles revoient leur planning, 16% informent leurs clients pour d'éventuels retards et 5% adaptent leur production. "Je ne sais pas si l'on peut vraiment parler de lassitude face aux grèves, mais il est logique que les PME belges gèrent cette réalité de manière pragmatique", déclare Georges Verleyen, Director SME Wallonie-Bruxelles chez SD Worx." En Flandre et en Wallonie, la majorité ne s'en préoccupe pas, mais les plus grandes difficultés opérationnelles se concentrent clairement dans l'industrie et le bâtiment, où la planification et la production sont rapidement mises sous pression", ajoute-t-il. SD Worx a mené son enquête auprès de 535 PME belges en décembre dernier.

Grève sur le rail : voici les trains qui circuleront ce lundi

En Wallonie, les transports en commun seront particulièrement chahutés dès lundi puisque des actions de grèves seront menées en front commun sur tout le réseau du Tec. Le front commun syndical s'oppose aux mesures d'économie demandées par le gouvernement wallon à l'Opérateur de Transport de Wallonie (OTW), qui chapeaute le Tec, dans le cadre de la révision du Contrat de service public. Les syndicats dénoncent des économies réalisées sur le dos des travailleurs.

La Stib devrait aussi connaître son lot de perturbations, mais de façon plus limitée. Aucun appel à la grève n'est lancé pour les transports en commun bruxellois, mais le syndicat socialiste de l'entreprise a appelé ses militants à soutenir le rassemblement interprofessionnel, initié par la FGTB, lundi à 10h00 à proximité de la gare Centrale à Bruxelles.

Pour le trafic international, 12 trains EuroCity sur 16 vers Rotterdam et la moitié des EuroCity Direct vers Amsterdam circuleront. Tous les trains ICE et OUIGO sont assurés, tandis que deux TGV INOUI vers Nantes (et un en provenance de Nantes) seront supprimés. Le Nightjet vers Vienne ne fonctionnera dimanche soir que jusqu'à Cologne et ne partira de Cologne que lundi soir.

Semaine noire sur le rail, réflexe pavlovien

"Il n'en va pas que du seul emploi du cheminot"

Le premier point qui inquiète les cinq syndicats du rail (CGSP Cheminots, CSC Transcom, SLFP Cheminots, Syndicat indépendant pour Cheminots – SIC, et le Syndicat autonome des conducteurs de trains – SACT) est la fin du recrutement statutaire. L'avant-projet du ministre de la Mobilité, Jean-Luc Crucke, prévoit de généraliser la contractualisation à partir du 1er juin.

"Nous nous opposons à cette vision : le statut est la garantie d'un service public de qualité, pour les travailleurs comme pour les passagers", clamaient les organisations syndicales dans un communiqué envoyé début janvier.

A cela, s'ajoutent des "objectifs contradictoires" dans le chef des autorités qui souhaitent, d'ici 2032, augmenter de 10 % l'offre de trains et attirer 30 % de voyageurs en plus, tout en réalisant 675 millions d'euros d'économies. "On semble tout faire pour mettre la SNCB en difficultés lorsque la libéralisation du rail entrera en vigueur", relève Pierre Lejeune, président de la CGSP Cheminots. "Il n'en va pas que du seul emploi du cheminot. C'est un débat idéologique sur l'avenir du service public", ajoute-t-il.

Grève sur le rail: trois trains IC sur 4 rouleront aussi mardi

D'après le responsable syndical, l'offre de service public à laquelle doit se tenir la SNCB aujourd'hui n'est pas tenue, à hauteur de 3 %, en raison des multiples suppressions de trains. "Commençons par stabiliser et améliorer progressivement l'offre actuelle plutôt que vouloir tout chambouler", conseille-t-il.

Le Conseil d'Etat doit se prononcer sur l'avant-projet d'ici la fin du mois. Le vote en plénière à la Chambre est attendu en mars ou en avril.

27 jours de grève de la SNCB en 2025

Le front commun syndical élargi attaque en force cette année 2026 avec cinq jours de grève. 2025 n'avait déjà pas été complètement serein sur le rail. La SNCB a dénombré 27 jours de grève au total dont 21 jours uniquement à l'initiative des syndicats cheminots. La plus longue paralysie était survenue quelques semaines après la constitution du gouvernement Arizona (N-VA, Vooruit, CD & V, Les Engagés et MR) lorsque la grève avait duré neuf jours, du 22 février au 2 mars, avant huit journées supplémentaires fin mars.

Lors de chaque mouvement de ce type, la SNCB met en place un plan de transport alternatif, basé sur les intentions de grève du personnel. Il en sera de même cette fois.

Des actions de grèves menées sur tout le réseau de LETEC de lundi à vendredi prochains

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