Édito : Un souffle ! Un impact ?

La mobilisation par médias dits sociaux n’est donc pas que vent ou gadgets. Celle inspirée par l’absence prolongée d’un gouvernement belge est passée dimanche d’un stade virtuel à un état avéré. Le rassemblement est une réussite - comme le fut aussi vendredi soir, dans un autre genre et sur des connotations plus pointues, l’engagement de milieux culturels exprimé en un théâtre flamand (le KVS) singulièrement rompu à jeter des ponts.

La mobilisation par médias dits sociaux n’est donc pas que vent ou gadgets. Celle inspirée par l’absence prolongée d’un gouvernement belge est passée dimanche d’un stade virtuel à un état avéré. Le rassemblement est une réussite - comme le fut aussi vendredi soir, dans un autre genre et sur des connotations plus pointues, l’engagement de milieux culturels exprimé en un théâtre flamand (le KVS) singulièrement rompu à jeter des ponts.

L’audience de "Shame" est d’autant plus significative que l’initiative est revenue à des jeunes; que tous les âges et profils linguistiques l’ont peuplée; qu’elle s’est défendue de préférences politiques sans verser globalement dans l’antipolitisme. Bref, trouverait-on mille limites à l’exercice, tout le pays en a pris un ravigotant bol d’air frais. Tant il est préférable de voir une opinion éveillée qu’amorphe; et le politique interpellé par le citoyen plutôt que par des agences de notation sans légitimité démocratique.

Le succès d’une manifestation ne tient toutefois pas qu’à son audience. On a vu quels simplismes risquaient de la biaiser, si la mobilisation revenait à faire croire qu’il "faut" un gouvernement à tout prix, que les politiques pinaillent par plaisir sur des détails, ou qu’ils se fichent pas mal des citoyens - alors même que leurs scénarios sont corsetés par les verdicts électoraux. On se tromperait tout autant à jurer que nos mandataires avaient besoin d’une belle mobilisation pour vouloir sortir de la crise, ou surtout qu’elle serait à elle seule à même de surmonter au mieux tous les blocages.