La NVA met déjà Di Rupo sous pression
Qui aime ma note me suive ! C'est, en gros, la stratégie confirmée hier par Elio Di Rupo lors de sa déclaration à la presse organisée au Parlement. En clair, il revient à la méthode qu'il avait tenté de mettre en œuvre l'été dernier, alors qu'il était préformateur.
- Publié le 18-05-2011 à 04h15
- Mis à jour le 18-05-2011 à 13h48

Qui aime ma note me suive ! C'est, en gros, la stratégie confirmée hier par Elio Di Rupo lors de sa déclaration à la presse organisée au Parlement. En clair, il revient à la méthode qu'il avait tenté de mettre en œuvre l'été dernier, alors qu'il était préformateur. Le formateur royal s'attaque donc à la rédaction d'un document comportant deux volets : le socio-économique et l'institutionnel. Cette note, qui sera par ailleurs rendue publique pour satisfaire la population en manque d'information, sera ensuite présentée aux différents partis. Ceux-ci pourront alors accepter ou non d'entamer de véritables négociations sur cette base. Cette "note cadre" ne sera pas à prendre ou à laisser, a tenu à préciser Elio Di Rupo. "Pour réussir, chaque parti devra prendre de la hauteur et s'élever au-dessus des intérêts particratiques ou de sa seule communauté", a lancé le formateur. Il devrait présenter le fruit de son travail "dans un délai raisonnable" à ses partenaires.
Interrogé par la presse sur son éventuelle accession au poste de Premier ministre, Elio Di Rupo a botté en touche. "Il faut d'abord arriver à un accord, ensuite on parlera de postes ministériels et donc aussi de celui de Premier ministre", a-t-il répliqué. Ce flou persistant sur la coalition du prochain gouvernement constitue l'unique "bémol" de la désignation d'Elio Di Rupo aux yeux du MR. Charles Michel, président du mouvement, convoquait la presse pour dire sa satisfaction de voir un formateur entrer en piste et s'attaquer au volet socio-économique, absent jusqu'à présent. Comme le président du PS, il rappelle notamment l'urgence de lancer des politiques d'assainissement budgétaire qui doivent se monter de 17 à 20 milliards d'euros chaque année à partir de 2015. L'Open VLD s'est également réjoui du démarrage des discussions socio-économiques. Pour autant, le MR souhaite qu'une coalition se dessine "rapidement". Rappelons que ce ne sont pas forcément les mêmes partis qui adhéreront aux deux volets du texte du formateur. Ce dernier a rappelé qu'une majorité des deux tiers était nécessaire à la réforme de l'Etat alors qu'une majorité simple suffisait à un gouvernement de plein exercice.
Comme lundi soir, la seule amertume venait de la N-VA. Son président, Bart De Wever, ne s'est même pas donné la peine de réagir officiellement au premier acte de Di Rupo - ce qui en dit long sur le niveau de désillusion complète des nationalistes flamands. La N-VA n'attend absolument rien de la part du président du PS : "Di Rupo connaît chacune de nos positions par cœur, pointe-t-on chez les nationalistes flamands. Il sait que nous voulons une politique d'immigration plus stricte, une justice plus sévère et que nous voulons réaliser d'importantes économies budgétaires en coupant dans les dépenses publiques. S'il faut lui répéter une énième fois, nous le ferons, et nous lirons sa note." Reste que si la N-VA ne pense pas une minute qu'une note estampillée Di Rupo passera la rampe dans le parti, elle ne dispose pas de levier pour faire pression sur le socialiste : le CD&V a en effet refusé de s'allier avec la N-VA et l'Open VLD afin de monter "un front flamand". "Nous attendons la note de Di Rupo, pourvu qu'il ne nous fasse pas encore traîner pendant des semaines." Toujours pour la N-VA, Ben Weyts a dit son parti "impatient" de lire le contenu de la proposition d'Elio Di Rupo et sur les partenaires qui seront amenés à le mettre en pratique. Les nationalistes ne voient pas encore en lui un véritable formateur. "Nous avons compris qu'Elio Di Rupo aura d'abord des conversations bilatérales avec tous les partis (ce que l'intéressé a confirmé, NdlR), en d'autres mots, qu'il commencera sa mission en tant qu'informateur. Etant donné que le délai d'ici l'été est très court, la N-VA espère qu'il viendra rapidement avec sa note, de sorte qu'il puisse mener rapidement les véritables négociations gouvernementales en tant que formateur", a indiqué Ben Weyts en fin d'après-midi mardi.
"Pour nous donner collectivement une chance de réussir, nous devons tous à la fois faire l'effort de participer à cette mission avec la détermination du premier jour et à la fois oser un compromis comme si c'était la mission de la dernière chance. Mais cette chance dépendra d'un accord vraiment équilibré. Un accord qui ne serait pas équilibré et respectueux de toutes les sensibilités de notre pays créerait des frustrations et porterait en son germe de graves conflits futurs", a pour sa part prévenu Elio Di Rupo. Il affirme que le travail de négociateur de Wouter Beke a permis des avancées substantielles. Et espère entamer une vraie négociation d'ici le début de l'été.
M. Co et M. Bu.
