Pour Koen Geens (CD&V), la N-VA ne peut pas être exclue: "Le Nord payera la facture électorale, pas le Sud"
Le CD&V est au centre des négociations pour la formation d'un gouvernement fédéral. D'un côté : Joachim Coens, président du parti et informateur royal, dont la mission décisive pour l'avenir du pays se clôture ce 13 janvier. De l'autre, Koen Geens, négociateur fédéral et homme fort du parti, qui figure sur le podium des favoris pour succéder à Sophie Wilmès au 16. Les signes d'une ouverture du CD&V à une coalition "Vivaldi" sans la N-VA sont scrutés avec attention.

- Publié le 24-12-2019 à 06h35
- Mis à jour le 27-12-2019 à 14h01

Koen Geens, négociateur CD&V et possible Premier ministre, n'en démord pas : la N-VA ne peut être mise hors-jeu.
Le CD&V est au centre des négociations pour la formation d'un gouvernement fédéral. D'un côté : Joachim Coens, président du parti et informateur royal, dont la mission décisive pour l'avenir du pays se clôture ce 13 janvier. De l'autre, Koen Geens, négociateur fédéral et homme fort du parti, qui figure sur le podium des favoris pour succéder à Sophie Wilmès au 16.
Les signes d'une ouverture du CD&V à une coalition "Vivaldi" sans la N-VA sont scrutés avec attention. Mais le vice-Premier n'en démord pas. "On attend des deux grands partis côté nord et sud qu'ils se parlent en profondeur et se mettent d'accord pour savoir si une coalition entre eux est possible ou non, a-t-il assuré. Historiquement, le CD&V est le parti le plus proche de la N-VA, comme le MR l'est de Défi. Vu le résultat des élections et la grande victoire du Vlaams Belang, il est très important pour tout parti flamand qu'il apparaisse qu'une coalition entre la N-VA et le PS n'est pas possible."
Des déclarations qui n'augurent pas d'une issue positive pour la mission des informateurs. L'homme fort du CD&V souligne qu'"en fin de compte, ce ne sera pas le Sud qui payera la facture électorale et du climat autour de ce nouveau gouvernement" mais bien "les partis du Nord".
La déclaration sans équivoque de Rudy Demotte n'a visiblement pas suffi à le convaincre de l'impossibilité pour le PS et la N-VA de gouverner ensemble .
"Il est bon que nous ayons au volant deux hommes (Joachim Coens et Georges-Louis Bouchez) convaincus de la possibilité d'une alliance PS/N-VA, sans appartenir à ces partis. Cela donne une chance supplémentaire à cette formule : l'entretien de la semaine dernière entre M. Magnette et M. De Wever en a donné l'illustration."
Koen Geens se défend d'être scotché à la N-VA. "Nous sommes beaucoup plus forts qu'eux au niveau local. C'est parce que nous voulons le rester et voulons la stabilité de ce pays que nous disons cela. Mais nous sommes des hommes et des femmes raisonnables."
Le ministre de la Justice refuse de spéculer sur ses chances de devenir Premier ministre. Outre le cas de Charles Michel, rappelle-t-il, la coutume veut que le premier parti donne le Premier ministre. " On n'aurait jamais eu droit à Marrakech si M. De Wever avait été au 16 ", assure-t-il. Le fait que lui-même soit envisagé au 16 serait "le signe que les deux plus grands partis ne prennent pas leurs responsabilités dans leur pays". Dans "des conditions normales", il estime que c'est Bart De Wever ou Paul Magnette qui devraient endosser ces responsabilités.
Si le CD&V peut sembler hésitant, c'est parce qu'il ne veu t " pas rater (son) coup . Le CD&V essaye toujours de reculer pour mieux sauter. Nous ne voulons pas risquer que le pays ne soit pas en mesure de résister aux populistes".

"Donner une solution durable à ce beau petit pays"
Il prévient ceux qui mûrissent des velléités indépendantistes. Les exemples du Brexit doivent être de nature à les éclairer. "Une régionalisation de l'Europe, avec des Bavarois, des Écossais ou des Flamands indépendants, compliquera davantage la situation , prévient Koen Geens. Le divorce apparaît comme une solution à court terme. Avant de dire que notre modèle ne fonctionne plus, il faut imaginer les complications que cela va apporter. Ce n'est pas un tabou. Mais si on étudie ça, on conclut que c'est assez compliqué et assez impossible."
Son but ? "Donner une solution durable à ce beau petit pays." Pour cela, il faudra s'armer de patience. " Il est urgent d'attendre. Il ne faut pas aller trop vite en besogne. Cela ne veut pas dire qu'il faut traîner." Pas question de verser dans la précipitation, donc, même 8 mois après les élections. Il admet tout de même que "si le moment n'est pas mûr le 13 janvier, ce sera une chance manquée".