La sortie du nucléaire, un nouveau dossier "atomique" pour la Vivaldi ? "Il y aura de grandes tensions"
Le MR va-t-il faire de la prolongation des deux réacteurs nucléaires une question de gouvernement ? Des tensions semblent en tout cas inévitables sur le sujet...

- Publié le 30-10-2021 à 07h04
- Mis à jour le 12-11-2021 à 14h50

Officiellement, tout le monde se présente comme pragmatique. En réalité, le dossier nucléaire concentre les passions politiques. La fermeture, ou non, des dernières centrales constitue le nouveau récif pointu que le gouvernement De Croo doit éviter. L'accord de majorité, ficelé en septembre 2020, est pourtant clair : un rapport sera élaboré au plus tard pour fin novembre 2021 afin d'examiner la possibilité de sortir de l'atome.
Cette analyse doit prendre en compte la sécurité d'approvisionnement et l'effet sur le prix de l'électricité. Si les feux sont au vert, le gouvernement respectera le calendrier de sortie totale de l'énergie nucléaire (pour 2025). Si le rapport est négatif, la majorité se réserve le droit de reporter l'échéance.
Le MR, "seul contre tous"
Toutefois, depuis plusieurs jours, alors que le rapport (préparé par Elia) doit être remis pour ce dimanche, le ton monte entre les partenaires de la Vivaldi. En particulier, entre le MR et Écolo. "Nous serons seuls contre tous, il y aura de grandes tensions", a assuré Georges-Louis Bouchez, le président des libéraux francophones dans un article publié vendredi sur le site web de Trends Tendance. Le MR reproche notamment aux écologistes de ne pas faire grand cas de la lutte contre les émissions de CO2 : dans une Belgique post-nucléaire, les centrales au gaz qui devront venir en renfort de la production en énergie renouvelable vont dégager du CO2. Les libéraux estiment que la volonté de sortir du nucléaire entre en conflit avec la lutte contre le réchauffement climatique et les émissions de dioxyde de carbone.
"Ça va être chaud"
Après de multiples crises et crisettes (sans-papiers, pensions…), la Vivaldi va-t-elle à nouveau tanguer ? Pas forcément. Les difficultés actuelles relèvent de la guerre de positionnement. "Ça va être chaud, oui, mais ça ne sera pas une question de gouvernement, juge une source MR. Nous ne sommes pas dogmatiques. On pourra se passer du nucléaire s'il y a des garanties au niveau du prix de l'électricité, de la sécurité d'approvisionnement et du respect des objectifs climatiques. Il y a beaucoup d'excitation autour de la possible publication du rapport d'Elia ce week-end mais la vraie clause de rendez-vous est fixée à fin novembre."
Au sein du gouvernement fédéral, certains déplorent les charges répétées du MR alors que le contenu de l'étude n'est pas connu. "Ce que dit le MR à l'égard des centrales au gaz n'est pas juste : que l'on sorte ou pas de l'énergie nucléaire, il en faudra de toute manière dans le cadre du mix énergétique futur en Belgique", estime un informateur.
Rapprochement MR/N-VA ?
La pression que met Georges-Louis Bouchez dans ce dossier ferait le jeu de la N-VA, entend-on également. C'est connu : les nationalistes flamands sont opposés à la fermeture des centrales et devraient faire leurs choux gras des dissensions sur la question énergétique au sein de la Vivaldi. "Ce dossier va aussi rapprocher le MR et la N-VA", prédit un fin connaisseur de la politique fédérale.