Ahmed El Khannouss n’est pas exclu du CDH mais reçoit un sérieux avertissement

L’ancien député avait tenu des propos polémiques sur Facebook. Le comité de déontologie du parti a été clément.

Ahmed El Khannouss n’est pas exclu du CDH mais reçoit un sérieux avertissement
©BELGA

Ahmed El Khannouss reste membre du CDH. Mais il reçoit un sérieux avertissement de la part du comité de déontologie du parti. Au prochain dérapage, ce sera très probablement l’exclusion.

La polémique remonte au 14 janvier. Sur Facebook, l’ancien député bruxellois s’était offusqué de la décision du secrétaire d’État à l’Asile et la Migration, Sammy Mahdi (CD&V), de retirer le titre de séjour de l’imam molenbeekois Mohamed Toujgani et de lui interdire l’accès au territoire pendant dix ans. Ce qui justifiait cette décision, c’était un rapport de la Sûreté de l’État indiquant que l’imam représente “un grave danger pour la sécurité nationale”. Ce dernier s’était aussi fait remarquer pour avoir appelé dans une vidéo, en 2009, à brûler les “sionistes oppresseurs”…

Sur Facebook, Ahmed El Khannouss avait estimé que la décision de Sammy Mahdi était “inique et totalement injustifiée”, parlant d’une “mesure de déportation”. Il qualifiait aussi simplement de “termes crus” les propos de l’imam sur les sionistes.

Le message de M. El Khannouss a choqué plusieurs membres du CDH. Le secrétaire général du parti, Gauthier de Sauvage, a saisi le comité de déontologie du parti, dès le vendredi 14 janvier, pour lui demander d’examiner la “conformité” des propos d’Ahmed El Khannouss “avec nos statuts et nos valeurs”. L’ancien député risquait ni plus ni moins que l’exclusion. Il n’en sera finalement rien.

Il a fait amende honorable

La Libre a pu lire la décision du comité de déontologie. On y apprend qu’Ahmed El Khannouss a été auditionné le vendredi 21 janvier. À cette occasion, il “a reconnu que certains propos tenus en janvier 2022 étaient inappropriés”, lit-on dans la décision du comité de déontologie. Il a aussi “rappelé que, dès 2009, il avait condamné les propos tenus à l’époque par l’imam [Toujgani] et que, pas plus qu’hier, il ne saurait les accréditer aujourd’hui”.

M. El Khannouss a ensuite envoyé au comité de déontologie un document de “clarification” dans lequel il fait amende honorable. Il souligne avoir “toujours lutté contre toutes les formes de racisme, de xénophobie contre l’islamophobie et contre l’antisémitisme”. Il redit aussi que “les termes ‘cru’ et ‘déportation’ étaient inappropriés”.

Le comité de déontologie, dans sa décision, estime que, tant sur la forme que sur le fond, les “propos discordants [d’Ahmed El Khannouss] alimentent des polémiques qui brouillent le message humaniste que le parti entend véhiculer”.

Mais le comité a aussi pris en compte sa lettre de clarification. Et rappelle le contexte, à savoir que l’intéressé avait connaissance d’un jugement datant d’octobre 2021 favorable à l’imam Toujgani.

Enfin, Ahmed El Khannouss a “redit son attachement aux valeurs de tolérance et de dialogue promues par le parti. Le Comité de déontologie […] ne saurait mettre en doute cette affirmation”, note encore ce dernier dans sa décision. C’est la raison pour laquelle il n’exclut pas du CDH l’ancien député, mais lui adresse un avertissement. “De nouveaux propos, attitudes ou comportements témoignant d’un écart par rapport à la ligne de conduite [du] parti” inciteraient en effet le comité de déontologie à revoir son jugement.