Gilkinet veut "déconfiner" mais reçoit des critiques au sein de la Vivaldi
Le vice-Premier Écolo veut que le prochain Codeco décide d'alléger les règles anti-Covid.

- Publié le 03-02-2022 à 22h35
- Mis à jour le 04-02-2022 à 06h36

Le vice-Premier ministre Georges Gilkinet a plaidé, jeudi, dans Le Soir, pour que le Comité de concertation (Codeco) du 11 février passe en mode "déconfinement". Plus précisément, le chef de file des écologistes au fédéral veut que le Codeco fasse évoluer le baromètre Corona du code rouge au code orange. Il souhaite également un assouplissement dans les secteurs qui ne sont pas directement concernés par le baromètre.
Le pouvoir du dernier mot
Théoriquement, le code orange est en vigueur lorsque les nouvelles hospitalisations journalières sont comprises entre 65 et 149 (on est à plus de 350) et l'occupation des soins intensifs entre 300 et 500 lits (432 actuellement). Mais les contaminations sont à la baisse et la tendance peut être prise en compte afin d'accélérer éventuellement le passage à un code d'une autre couleur. Pour rappel, le baromètre a été conçu comme un outil d'aide à la décision. Les autorités politiques gardent le dernier mot, quel que soit l'état des statistiques sanitaires.
La sortie médiatique de Georges Gilkinet n'est donc pas illégitime. Toutefois, elle suscite l'incompréhension ou le scepticisme prudent des alliés d'Écolo au sein de la majorité fédérale. Voici la tonalité générale des réactions : la Vivaldi et les entités fédérées ont ferraillé pendant des mois afin de mettre au point un tableau de bord qui permette un peu de prévisibilité et voilà déjà qu'Écolo veut s'asseoir dessus…
"On va utiliser le baromètre"
Contacté jeudi, le cabinet du ministre fédéral de la Santé, Frank Vandenbroucke (Vooruit), explique que les règles qui encadrent le recours au baromètre seront scrupuleusement respectées. "Nous avons enfin un baromètre approuvé par tous les membres du Codeco, on va donc l'utiliser, commente la porte-parole du ministre.On analysera les chiffres au regard du baromètre au prochain Codeco. Je vous invite à examiner les chiffres des nouvelles hospitalisations quotidiennes : il y en a 200 en trop pour permettre le passage au code orange."
Jeudi, à la Chambre, Frank Vandenbroucke a également réagi face aux interrogations des parlementaires : "Tout le monde voudrait que les mesures sanitaires soient assouplies, mais cela doit être fait de manière sûre. On ne peut pas fixer une date comme ça, le baromètre ne fonctionne pas comme ça."
Chez les socialistes francophones, une certaine réserve est également opposée à l'enthousiasme de Georges Gilkinet. "C'est surprenant comme réaction, le Codeco est prévu dans une semaine. Et une semaine, c'est long, raisonne une source PS. Chaque chose en son temps. Nous avons toujours décidé sur la base de chiffres. Pas de précipitation."
Pour le CD&V, de même : "Il faut suivre ce qu'indique le baromètre, point", affirme l'attaché de presse du président chrétien-démocrate, Joachim Coens. "Nous étions demandeurs depuis longtemps d'un baromètre. On doit s'y tenir. Mais, si les chiffres le permettent (permettent le passage en code orange, NdlR), pourquoi pas."
Le MR veut aussi passer à l'orange
Au MR, par contre, le point de vue exprimé par le vice-Premier Écolo trouve un écho favorable. Toutefois, les libéraux pensent que cette prise de position des verts francophones arrive fort tard dans le débat entre les vivaldiens partisans d'une ligne sanitaire dure et ceux qui veulent "un retour rapide aux libertés". "Comme d'habitude, Gilkinet débarque après la bataille, peste un MR. On a déjà plaidé au sein du gouvernement en faveur du passage en orange le plus vite possible. Il faudra anticiper cette évolution quand la tendance des chiffres de nouvelles hospitalisations ira à la baisse."
