"2024 sera l'année de la reconquête" pour les Engagés
Le mouvement Les Engagés, successeur du CDH, est définitivement lancé malgré les dernières réticences internes.

- Publié le 16-05-2022 à 08h45
- Mis à jour le 16-05-2022 à 14h29

Debout devant son pupitre, Maxime Prévot veut y croire. "2024 sera l'année de la reconquête, de résultats électoraux meilleurs, à tous les niveaux de pouvoir", scande-t-il, à deux ans des élections générales. "Le vrai pouvoir, ce sont nos idées, et nous en avons un paquet", a dit le président des Engagés aux militants réunis face à lui. Les enragés de l'extrême gauche et de l'extrême droite ne passeront pas. Notre projet alternatif convaincra et vaincra."
La refondation du CDH s'est enfin achevée après un processus long de plus de deux ans. Le parti, héritier du PSC, avait déjà cédé la place au mouvement politique Les Engagés, mi-mars. Il restait à adopter les statuts, la charte introductive au manifeste, et le manifeste programmatique lui-même. Ce fut chose faite, samedi, à l'occasion d'un congrès qui se tenait à Liège.
Un soutien plus large qu'attendu
"100 % de votes favorables" au manifeste (98 % pour les statuts et la charte), "je n'aurais pas misé sur ce score-là", a souri Jean-Paul Bastin, vice-président des Engagés, avec un étonnement non feint. Il faut dire que la dernière ligne droite de la refondation ne fut pas de tout repos. En interne, une série de mandataires avaient fait part de leur mécontentement à l'égard de certaines nouvelles orientations. Les absences, samedi, des anciens présidents Benoît Lutgen et Joëlle Milquet ne sont pas passées inaperçues.
"J'ai pu voir, lire, découvrir que tout le monde ne se sentait pas nécessairement bien dans ses chaussures avec ce nouveau mouvement, a commenté Maxime Prévot. Nous allons devoir consacrer aussi la même passion, le même engouement, la même envie à convaincre celles et ceux qui, parmi les nôtres, ont encore parfois une réticence ou une réserve."
Quelque 805 amendements avaient été déposés au projet de manifeste. Plus de 500 avaient déjà été intégrés, tels que l'impôt sur la fortune, la vignette automobile ou le congé de paternité de 15 semaines. Neuf devaient encore être tranchés par le congrès.
Les militants ont notamment soutenu la limitation du nombre de mandats par individu à trois mandats parlementaires complets et deux ministériels sur l'ensemble de la carrière politique (plutôt que des mandats consécutifs). Ils ont voté en faveur de l'instauration d'un cours d'éducation philosophique et convictionnelle à la place des cours de morale et de religion à partir de l'école secondaire (et non primaire). Et ils ont défendu le maintien du Sénat, ainsi que l'instauration progressive de la parité homme-femme dans les organes de direction des entreprises de plus de 250 personnes.
Des élections internes le 22 juin
À l'inverse, les militants ont, entre autres, rejeté la suppression des émissions concédées sur les médias publics, ainsi qu'une révision de la taxation des loyers (qui aurait entraîné des prélèvements plus importants pour les multipropriétaires).
"2022 et 2023 seront les années de consolidation du nouveau mouvement : nous créerons les bassins de vie, renouvellerons toutes les instances jusqu'à la présidence, arpenterons le terrain pour expliquer, débattre, convaincre, mobiliser, être dans l'action", a encore déclaré Maxime Prévot. Comme prévu, il a remis son mandat en jeu et fait savoir qu'il serait candidat. Le nouveau venu des Engagés, Yvan Verougstraete, fondateur de Medi-Market et manager de l'année 2019, sera, lui, candidat à la vice-présidence. Les candidatures doivent être rentrées avant le 27 mai. Le vote se déroulera le 22 juin lors d'un congrès à Wavre.