Pierre-Yves Jeholet (MR) à Nabil Boukili (PTB) sur le port du voile: "Si ça ne vous plait pas, vous n'êtes pas obligé de rester en Belgique" (VIDEO)

L'ambiance était tendue dimanche sur le plateau de "Rendez-vous", sur RTL-TVI, qui accueillait en duel le MR Pierre-Yves Jeholet et le PTB Nabil Boukili.

BRUSSELS, BELGIUM - Wallonie-Bruxsels federation parliament,, plenary session with vote on landscape  ( Paysage) decree on the agenda), Pierre-Yves Jeholet Minister-President of French Community Government MR pictured on April 25, 2024 in Brussels, Belgium, 25/04/2024 ( Photo by Philip Reynaers / Photonews
L'ambiance était tendue dimanche sur le plateau de "Rendez-vous", sur RTL-TVI, qui accueillait en duel le MR Pierre-Yves Jeholet et le PTB Nabil Boukili. ©PRE

Au moment d'aborder le sujet du port du voile et du principe de neutralité de l'Etat, le candidat libéral a été jusqu'à lancer à son adversaire: "Si ça ne vous plait pas, vous n'êtes pas obligé de rester en Belgique".

Interrogé sur leurs positions quant au port de signes convictionnels et du voile, Pierre-Yves Jeholet a souligné que son parti était pour la neutralité de l'Etat et donc opposé au port du voile dans la fonction publique.

"Le voile ne doit pas être un motif de discrimination", a répondu Nabil Boukili, qui a noté que certains pays, comme la Grande-Bretagne, autorisent le port de signes convictionnels dans de nombreuses fonctions. Dicter aux femmes ce qu'elles doivent ou ne doivent pas porter est comparable à ce que fait l'Iran, a argué le député fédéral.

"Ne venez pas nous donner des leçons ici en Belgique", a rétorqué Pierre-Yves Jeholet, s'en prenant à son adversaire du jour. "Il y a des règles, on les respecte. Si ça ne vous plait pas, vous n'êtes pas obligé de rester en Belgique."

Des propos qui ont choqué tant son interlocuteur que le présentateur du débat. "Où souhaitez-vous que je reparte, M. Jeholet?", a demandé M. Boukili quelques minutes plus tard.

Pour Pierre-Yves Jeholet, "une trahison cela ne s'oublie pas"

Le président du PTB, Raoul Hedebouw, a réagi peu après sur X. "Je suis scandalisé par les propos racistes de Pierre-Yves Jeholet (...) Le MR doit présenter des excuses. Le racisme n'a pas sa place en Belgique."

Le président du PS, Paul Magnette, a qualifié de "totalement inacceptables" les propos de Pierre-Yves Jeholet, "quelles que soient les divergences que l'on peut avoir".

"Mais quel énorme dérapage raciste", a renchéri Rajae Maouane, coprésidente d'Ecolo. "Monsieur Jeholet, les élus belges d'origine étrangère sont bel et bien belges. On ne s'excusera pas d'être et il n'est pas question de quitter notre pays, la Belgique."

Maxime Prévot, président des Engagés, a estimé que des excuses du président de la Fédération Wallonie-Bruxelles étaient nécessaires. "Aucun interlocuteur ne peut, même lors d'un débat électoral, être renvoyé à ses origines pour exprimer un désaccord de fond."

Pierre-Yves Jeholet réagit mais ne s'excuse pas

Dans une longue déclaration publiée sur X, Pierre-Yves Jeholet est également revenu sur l'incident, sans présenter ses excuses. Il affirme avoir été comparé au régime iranien par son contradicteur, et rejette les accusations de racisme, qui relèvent selon lui de la "mauvaise foi". "Le choix de plusieurs représentants de la gauche plurielle est de me soupçonner des maux les plus graves, y compris dans le chef de ceux avec qui je travaille depuis plusieurs années et qui feignent de ne pas bien me connaître."

"Le vivre ensemble repose aussi sur un socle commun de droits et d'obligations. Tel est l'unique sens de mon propos qui n'est nullement une attaque personnelle contre mon contradicteur", assure-t-il.

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