Pourquoi la position de Paul Magnette comme président du PS n'est pas menacée
Le parti a fait le choix d'aller partout dans l'opposition, même à Bruxelles.

- Publié le 10-06-2024 à 18h01
- Mis à jour le 10-06-2024 à 18h05

À l'issue du bureau politique qui s'est tenu, lundi après-midi au siège du PS à Bruxelles, le président, Paul Magnette a annoncé qu'après analyse des résultats, le parti irait dans l'opposition partout, même à Bruxelles où son parti est presque mathématiquement incontournable. Une décision qui va compliquer les discussions à Bruxelles. Paul Magnette a aussi présenté sa démission qui a été refusée.
Certes, le PS n'a pas subi la catastrophe électorale qui lui avait été promise à Bruxelles. Au Parlement régional, il limite la casse et ne perd qu'un seul siège. Et à la Chambre, il s'enrichit même d'un nouveau député. Mais le président a fait le constat "qu'il y a une vague à droite et c'est la seule conséquence logique pour nous". "C'est simplement le respect de l'électeur. Je tiens d'ailleurs à saluer la victoire du MR et des Engagés", a-t-il déclaré à la sortie du bureau.
En Wallonie, pour le Parlement wallon et pour la Chambre, même si dans le Hainaut le PS reste devant le MR, c'est plutôt la bérézina. Le parti enverra 19 députés à Namur (quatre de moins qu'en 2019) et 12 députés wallons (5 de moins qu'en 2019) à la Chambre.
Les communales en ligne de mire
Lundi après-midi, Paul Magnette a donc présenté sa démission – démission qui lui a été refusée par les membres du bureau du parti, comme on pouvait s'y attendre. La position de Paul Magnette comme président du PS n'est pas menacée. Pourquoi ? Parce que le seul qui pourrait venir remettre en cause cette position est le président de la Fédération bruxelloise Ahmed Laaouej, fort de son score honorable à Bruxelles. Mais la perte du leadership dans la capitale n'est pas de nature à faire de lui le prétendant idéal à la présidence. D'autant qu'en Wallonie, le virage très communautariste pris par Laaouej ne plaît pas à grand monde.
Et dans les autres Fédérations du parti, personne n'a vraiment réalisé un résultat permettant de discuter la position du patron. Au PS, la défaite est collective. Venir changer la tête du PS juste avant les élections communales (et provinciales) qui auront lieu au mois d'octobre serait sans doute suicidaire, estime-t-on.
Certains socialistes estiment toutefois que Paul Magnette devrait céder son écharpe mayorale. D'autant que la fonction de bourgmestre de Charleroi ne semble pas le passionner à outrance. Le président du PS pourrait alors siéger à la Chambre (respectant ainsi la règle interne au parti du décumul) aux côtés de députés socialistes comme Pierre-Yves Dermagne, Ludivine Dedonder ou Caroline Désir et assurer ainsi un rôle de chef de file de l'opposition dans lequel il devrait briller. Dans le même temps, il pourra élaborer une nouvelle approche dans la manière dont le PS défend ses idées afin de clairement se démarquer du PTB.
Depuis un petit temps déjà, avant même la campagne électorale, le PS donnait le sentiment de courir après le PTB tout en s'en défendant en permanence et en assumant sa participation au pouvoir partout. Les idées nouvelles n'étaient donc pas légion et le parti n'avait pas le vent en poupe. Une position qui a sans doute figé le PS dans une image de parti usé par le pouvoir. Ajoutons à cela, la séquence relative au décret paysage en fin de législature à la Fédération Wallonie-Bruxelles et vous avez déjà trois raisons qui peuvent expliquer l'échec du parti.
Enfin, il ne faut pas minimiser non plus les affaires qui ont émaillé la législature. L'affaire Nethys a certes été réglée en début de législature en Wallonie. Les principales personnes impliquées dans cette affaire n'en étaient pas moins liées au PS. Il y a aussi le Qatargate où deux députés européens socialistes (Arena et Tarabella) sont abondamment cités, même si in fine ils seront peut-être blanchis. Il y a encore la longue saga du Parlement wallon qui concerne la plupart des partis qui y sont représentés. Mais le président de l'assemblée était une nouvelle fois un socialiste, en l'occurrence Jean-Claude Marcourt, qui a été contraint de démissionner.
