Les travailleurs n'ont jamais été aussi présents "au boulot" que cette année
Près de 87 % des heures ouvrables possibles ont été prestées. Un record.

- Publié le 28-08-2026 à 07h06

En 2026, les travailleurs ont été davantage présents au travail qu'au cours des cinq dernières années. C'est ce que révèle le dernier baromètre de l'absentéisme du groupe (expert en RH) Acerta, sur la base des présences et absences au travail de plus de 430 000 travailleurs auprès d'environ 30 000 employeurs du secteur privé.
Au cours des six premiers mois de cette année, environ 86,70 % de toutes les heures de travail possibles sur notre marché de l'emploi ont effectivement été prestées par les travailleurs. Il s'agit d'un record, ce niveau n'ayant ainsi jamais été aussi élevé depuis qu'Acerta effectue ces mesures. Que peut-on retenir de ce baromètre 2026 ?
1. Le congé de maladie, premier motif d'absence
Le principal motif d'absence au travail reste le congé de maladie : au cours des six premiers mois de 2026, les travailleurs n'ont pas presté 7 % du temps de travail parce qu'ils étaient en arrêt maladie (de courte ou longue durée). Toutefois, ce taux est inférieur de plus de 0,70 point de pourcentage à celui enregistré au premier semestre 2025 (7,72 %) et de 1,71 point de pourcentage à celui de la même période en 2022. "Les travailleurs belges sont donc moins absents au travail, notamment grâce aux efforts déployés par les employeurs pour lutter contre l'absentéisme pour cause de maladie. Des efforts qui s'expliquent en grande partie par les mesures prises par le gouvernement fédéral pour mieux contrôler et réintégrer, si c'est possible, les malades de longue durée", souligne Catherine Langenaeken, experte absentéisme chez Acerta.
Cette dernière avertit toutefois à propos des congés de maladie : "L'absentéisme pour cause de maladie reste une préoccupation majeure dans le monde du travail. La recherche a montré que les êtres humains avaient besoin de trois éléments pour être épanouis au travail : ils doivent bénéficier d'une autonomie suffisante, être impliqués dans leur entreprise et avoir la certitude qu'ils possèdent les compétences nécessaires pour accomplir les tâches qui leur incombent. Les entreprises qui sont confrontées à un taux d'absentéisme élevé pour cause de maladie ont donc tout intérêt à analyser le niveau de ces trois éléments au sein de leur propre organisation".

2. Quid des autres formes d'absence ?
Elles sont également toutes en diminution depuis le début de l'année, que ce soit pour la prise de vacances/congés, de crédit-temps/interruption de carrière et de recours au chômage technique et économique.
"Plus l'entreprise est grande, plus l'absentéisme est élevé."
Si la baisse est légère pour les deux premières catégories, elle est beaucoup plus sensible pour le chômage économique sur une période de cinq ans. L'explication est logique : le pourcentage de travailleurs en chômage économique avait explosé (jusque 8 %) lors des années Covid et post-Covid (2020 et 2021), avant de considérablement diminuer depuis 2022. Mais Catherine Langenaeken avertit toutefois : "La baisse du chômage économique […] en cette période d'incertitude économique reste à surveiller. Il s'agissait auparavant d'un tampon permettant d'éviter les licenciements. Aujourd'hui, cette forme de chômage est apparemment moins utilisée à cette fin. S'il faut reconnaître que la réglementation en matière de chômage économique est plus stricte pour les employés que pour les ouvriers, les règles offrent néanmoins encore des possibilités, même pour les employés".
3. Moins de travail "perdu" dans les petites entreprises
Fait marquant : c'est dans les plus petites entreprises que l'on constate le moins de temps de travail "perdu" : dans les très petites entreprises (comptant moins de 10 travailleurs), plus de 91 % des heures ouvrables ont été prestées. "Plus l'entreprise est grande, plus l'absentéisme est élevé. À titre de comparaison : dans les plus grandes entreprises, comptant plus de 500 travailleurs, seulement 83,5 % du temps de travail a effectivement été presté cette année", signale le prestataire RH.
4. Les secteurs où l'on travaille le plus ?
Selon les résultats du baromètre, ce sont l'horeca (taux de prestations de plus de 92 %) et la logistique et les transports (plus de 90 %). Par contre, c'est dans le non-marchand – qui comprend notamment les établissements de soins – que les absences au travail sont les plus importantes : environ 83 % des heures ouvrables y ont été prestées, "à cause d'un taux d'absentéisme pour cause de maladie nettement plus élevé (près de 9 %) que dans les autres secteurs", remarque Acerta.