Budget fédéral : six organisations proposent un plan à 750 millions d'euros pour les soins de santé
Face aux mesures d'économie touchant les patients, un collectif de six organisations belges a présenté un plan d'urgence en cinq points pour lever jusqu'à 750 millions d'euros par an d'ici 2029 afin de préserver l'assurance maladie.

- Publié le 23-10-2026 à 12h45

Six organisations, dont la FGTB, Solidaris et la fédération hospitalière Santhéa, ont présenté vendredi un plan d'urgence en cinq points destiné à préserver le financement de l'assurance maladie. Ce projet vise à lever plus de 565 millions d'euros dès 2027, et jusqu'à 750 millions d'euros annuels d'ici 2029, en se concentrant exclusivement sur de nouvelles recettes.
En se basant notamment sur des chiffres de l'OCDE, les signataires estiment que les patients belges dépensent davantage pour leurs soins de santé que les pays voisins. Sur les 1,1 milliard d'économies déjà mis en œuvre sous cette législature, le quart est répercuté sur les patients. Toute nouvelle pression financière supplémentaire risquerait, selon eux, d'éloigner des soins les publics les plus fragiles.
Pour préserver le financement des soins de santé, ce plan déploie cinq mesures, visant à dégager de nouvelles recettes en réformant certains avantages fiscaux et en responsabilisant divers secteurs.
Dès 2027, une dotation santé de 400 millions d'euros, adaptée ensuite à l'indice santé et à l'évolution démographique, serait alimentée par la réduction des avantages fiscaux accordés aux sociétés de management et par le plafonnement de la déductibilité des voitures de société. S'y ajoute une modulation de la taxe sur les boissons sucrées selon leur teneur en sucre, afin d'inciter les industriels à modifier leurs recettes tout en prévenant les pathologies liées à une surconsommation de sucre.
Les deux autres mesures ciblent plus spécifiquement les acteurs du monde médical afin de renforcer directement les recettes propres de l'Inami. La contribution des assurances hospitalisation serait revue à la hausse, passant de 10% à 15% d'ici 2028, en parallèle d'un plafonnement des suppléments d'honoraires. Par ailleurs, une forte augmentation de la cotisation sur le marketing pharmaceutique ? portée de 0,13% à 3% dès 2027 ? viserait à contraindre l'industrie à promouvoir une prescription plus rationnelle des médicaments.
