Enlisement des négociations à Bruxelles : réduire le salaire des députés et des ministres pour débloquer la situation ?
Ce jeudi 23 janvier 2025, Maxime Binet reçoit Christophe De Beukelaer dans son émission "Café Sans Filtre" sur LN24.
- Publié le 23-01-2025 à 09h44
Ce jeudi matin, Christophe De Beukelaer, le chef de file des Engagés au Parlement bruxellois, répondait aux questions de Maxime Binet, notamment sur le piétinement des négociations à Bruxelles. Hier, Ahmed Laaouej (PS) suggérait la mise en place d'un gouvernement minoritaire pour sortir de l'impasse. "J'admire la créativité du PS qui tente de tout faire pour justifier son refus de monter au gouvernement. Mais pour moi, ce sont des manœuvres de diversion. Un gouvernement minoritaire sera toujours un gouvernement en affaire courante. Ce n'est pas de ça dont Bruxelles a besoin. On a besoin d'un gouvernement de plein exercice qui soit capable de mener des réformes et de ramener le budget sur les rails", argumente Christophe De Beukelaer. Pour lui, Bruxelles étant la capitale de notre pays, est également le "lien entre les francophones et les néerlandophones". "Venir avec des aventures institutionnelles de cet ordre-là, je pense que c'est particulièrement dangereux."
Un véto qui nie la réalité néerlandophone à Bruxelles
"Le véto du PS n'est pas un véto contre la N-VA. C'est un véto contre la majorité que les néerlandophones ont scellé. C'est estimé que les francophones, par la force de leur nombre à Bruxelles, ont la possibilité d'imposer leurs vues aux néerlandophones. C'est la remise en cause de l'équilibre institutionnel de ce pays." Il regrette également le manque de discussion entre les partis.
Il critique également la position d'Ecolo de ne pas vouloir monter au gouvernement en raison de son faible score aux élections. "Je pense qu'après sept mois de blocage, plus personne ne peut justifier que son score électoral le met hors jeu. Tout le monde doit tenter de trouver la solution. Si aujourd'hui Ecolo et Défi décidaient de participer à une majorité gouvernementale, on aurait un gouvernement. Ils ont une clef de la solution dans leur main s'ils le souhaitent."
Alors que les négociations s'enlisent, le PS a déposé une proposition pour l'encadrement des loyers en région bruxelloise. Au de-là du fond de la problématique des logements à Bruxelles, Christophe De Beukelaer trouve que "déposer des textes à tout va sur des petits sujets en particulier sans avoir une vision globale portée par un gouvernement, c'est ce qui va mener la région à la faillite". "Le parlement peut travailler et les députés peuvent déposer des textes, c'est normal. Mais ça doit se faire en parallèle de la création d'un gouvernement. Ceux qui pensent qu'en déposant ces textes, cela va divertir l'attention des citoyens pour ne pas voir que le problème est le fait qu'il n'y ait pas de gouvernement et pas de budget annuel pour cette région."
"La région bruxelloise devient un far-west"
"Après sept mois de blocage, la région bruxelloise devient un far-west si ça continue comme cela. C'est pour cela qu'on dépose une proposition au Parlement pour un mécanisme de responsabilité où on demande aux parlementaires d'accepter que tous les salaires des députés et des ministres puissent être réduits tant qu'il n'y a pas un déblocage au niveau du gouvernement. […] Bruxelles s'enfonce dans une crise extrêmement grave avec des faillites d'entreprises en augmentation de 15 % par rapport à l'année passée, des associations qui doivent licencier leur personnel. Et cette pression-là ne suffit pas à créer un sursaut de responsabilité dans le chef de certains partis." Il espère ainsi que cette réduction de salaire débloque plus rapidement la situation.
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