Arizona : la diplomatie économique fédérale a été sauvée in extremis par Les Engagés et le MR
Juste avant que Bart De Wever se rende au Palais, vendredi soir, les partis francophones de la majorité fédérale ont fait sauter dans le texte de l'accord de gouvernement un paragraphe qui visait à supprimer l'Agence pour le commerce extérieur.

- Publié le 05-02-2025 à 09h57
- Mis à jour le 05-02-2025 à 15h59

Fin janvier, La Libre avait pu prendre connaissance des projets de la coalition Arizona en matière de politique étrangère. L'une des mesures les plus frappantes de la note de Bart De Wever, qui était alors encore formateur, prévoyait la suppression de l'Agence fédérale pour le Commerce extérieur.
Cet organisme qui dépend du SPF Affaires étrangères coordonne les missions commerciales à l'étranger sous le patronage de la princesse Astrid et en partenariat avec les agences régionales à l'exportation. L'Agence gère également l'aspect logistique des visites d'État (la visite officielle du Roi dans un pays étranger).
Que proposait le document de travail "arizonien" ? "Nous poursuivons le démantèlement de la diplomatie économique fédérale en supprimant la fonction de conseiller économique, en transférant le contrôle du groupe Credendo (le nouveau nom de l'Office du Ducroire et qui couvre les risques à l'exportation), de Finexpo (organisme qui analyse les demandes de soutien public pour un crédit à l'exportation) et de la Société belge d'investissement international (financement des investissements à l'étranger d'entreprises belges) aux entités fédérées et en procédant à la dissolution de l'Agence pour le commerce extérieur."
La toute dernière modification de l'accord Arizona…
Selon nos informations, ce texte a sauté dans la version finale de l'accord de gouvernement. Il s'agissait même de la dernière modification introduite in extremis dans le texte de compromis entre la N-VA, le CD&V, le MR, Les Engagés et Vooruit, juste avant que Bart De Wever se rende au Palais vendredi soir pour annoncer au chef de l'État qu'il avait obtenu un compromis global.
La survie ou la mise à mort de l'Agence pour le commerce extérieur a fait l'objet de rebondissements ces derniers mois. Alors qu'il n'était plus question de la supprimer, cette idée est revenue dans les documents de travail des négociateurs à la mi-janvier. Le dirigeant de l'Agence, Didier Malherbe, a alors fait chauffer son téléphone pour sensibiliser les partis francophones à cette question.
Le rôle de Maxime Prévot
En particulier, Maxime Prévot - ancien président des Engagés et nouveau ministre des Affaires étrangères – a pris la mesure du dossier et a mis tout son poids dans la balance afin de sauver l'Agence. Le MR a appuyé également dans ce sens. Ce front francophone a fonctionné : il n'est plus question de supprimer cet outil de la diplomatie économique fédérale.
Paradoxe : le Commerce extérieur fédéral relève désormais de la compétence de…. Theo Francken (N-VA). Le nationaliste flamand, devenu lundi ministre de la Défense, sera chargé de faire vivre cette matière et d'accompagner les missions économiques afin de vendre les atouts de la Belgique à l'étranger.
