"Coup de génie" ou "coup de com'" ? Alors que le MR et le PS se reparlent, Bouchez annonce un déblocage imminent des négociations bruxelloises
Plus d'un an après les élections, le président du MR a annoncé "une solution pour Bruxelles dans les prochaines heures".

- Publié le 11-07-2025 à 18h15
- Mis à jour le 11-07-2025 à 22h45
Les élus néerlandophones, comme la plupart des médias présents ce vendredi devant le parvis de l'hôtel de ville de Bruxelles, s'étaient déplacés pour célébrer de la fête de la Communauté flamande. Le président du MR Georges-Louis Bouchez était venu, lui, pour parler de Bruxelles. C'est donc de Bruxelles que tout le monde a parlé…
"Je peux annoncer que nous devrions trouver une solution pour Bruxelles dans les prochaines heures", a déclaré d'emblée le président du MR au micro de Villa Politica (VRT), ajoutant que cette solution interviendra "avant la fête nationale".
"Je suis prête à négocier depuis des mois, et cela ne se passe pas devant les caméras sur la Grand-Place, mais autour d'une table remplie de dossiers", a commenté, irritée, Elke Van den Brandt (Groen). D'autres, frustrés de l'accaparement de l'attention médiatique, se sont offusqués du timing de la déclaration du tonitruant libéral, qui a détourné l'attention de la fête flamande…
Pour autant, l'agacement qui se lisait sur les visages de certains élus néerlandophones a rapidement fait place à la curiosité, puis à l'effervescence. Car l'essentiel était ailleurs, ce vendredi. Avec les déclarations du Montois, l'encéphalogramme des négociations bruxelloises, désespérément plat depuis plusieurs mois, a enfin connu un frémissement.
Certains pensent que Georges-Louis Bouchez a trouvé une solution magique. "Ce serait un coup de génie", affirme-t-on dans plusieurs partis. "Ce serait une solution que tout le monde pourrait accepter, et dans laquelle personne ne perdrait la face", ajoute une source néerlandophone. D'autres, notamment du côté de la N-VA, étaient plus sceptiques quant à la tentative.
S'agit-il d'un "coup de génie" ou d'un énième coup de com ? Après un an, les désillusions ont été si nombreuses que la prudence reste de mise.
Une solution miracle ?
Le dilemme qui occupe le MR depuis des mois est bien connu. Le PS ne veut pas d'un gouvernement avec la N-VA, tandis que l'Open VLD ne veut pas d'un gouvernement sans la N-VA. Les autres pistes, comme la majorité de gauche ou la participation d'Ecolo à la place du PS, ont toutes échoué.
La solution ne passera pas, a priori, par l'octroi d'un poste de commissaire de gouvernement à la N-VA, puisque cette piste a déjà été refusée plusieurs fois par les socialistes. Ni par l'élection par le Parlement bruxellois de David Leisterh (MR) comme ministre Président d'un gouvernement minoritaire côté néerlandophone, car cette proposition du PS avait été balayée par le MR.
Ce vendredi, sur la VRT, Georges-Louis Bouchez a par ailleurs assuré "qu'il faudrait une majorité parlementaire côté francophone et côté néerlandophone" pour lancer le gouvernement bruxellois.
La solution du MR pourrait donc passer par une formule qui permette de donner à la Flandre l'impression que la N-VA est membre de la majorité, et au côté francophone qu'elle n'y est pas. Quelle est cette solution miracle ?
L'information, ce vendredi, était cadenassée comme elle ne l'a jamais été depuis le 9 juin 2024. Même le PS, si prompt ces derniers mois à torpiller les tentatives de David Leisterh et de Georges-Louis Bouchez, s'est tu dans toutes les langues. C'est le signe que les socialistes ont envie de croire au succès de l'initiative.
Laaouej et Bouchez se reparlent
Et pour cause, le MR et le PS, entre lesquels le canal était coupé depuis des mois, en froid depuis les négociations post élections communales, ont repris leurs discussions. L'information est unanimement considérée comme une bonne nouvelle. Ahmed Laaouej, président du PS bruxellois, et Georges-Louis Bouchez se sont parlé ces derniers jours. Et les sherpas des deux partis se sont rencontrés à plusieurs reprises. Ils ont notamment abordé des sujets d'actualités, comme la question du parachute doré du directeur général de BX1. Surtout, les deux partis ont échangé sur la manière de débloquer le processus de formation d'un gouvernement bruxellois, brainstormant sur les pistes de coalitions possibles. Ces deux partis, au sortir de l'été dernier, avaient négocié une commune, censée cimenter l'axe MR-PS-Engagés. "Sur le fond, c'est simple, il suffirait de ressortir la note de l'an dernier", glisse une source politique.
"Nous aurons un gouvernement pour le 21 juillet"
Lundi, les discussions entamées à bas bruit ont même été officialisées au sein du MR, lors du souper annuel des collaborateurs du MR, qui s'est tenu aux Docks de Bruxelles. "Nous aurons un gouvernement bruxellois pour le 21 juillet", a lâché Georges-Louis Bouchez à l'occasion de son discours.
Certains, sur le moment, avaient voulu y voir une nouvelle application de la méthode Coué par le président du MR.
Il pourrait s'agir de plus que cela si, ce week-end, le MR et le PS enclenchent la vitesse suivante. S'agira-t-il d'un coup dans l'eau, comme le prévoient certains, ou d'un coup de génie, comme l'annoncent d'autres ?
