Il y a douze ministres de la Santé en Belgique, soit trois de plus que sous la précédente législature
Au sein du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, cinq ministres sur six ont des compétences liées à la Santé.

- Publié le 11-09-2025 à 06h56
- Mis à jour le 11-09-2025 à 13h53

Pendant la période Covid, beaucoup de citoyens et de personnalités politiques essentiellement membres de l'opposition s'indignaient du nombre important de ministres de la Santé en Belgique. La Libre, à l'époque, en avait dénombré neuf au total. L'information est ensuite revenue fréquemment sur les réseaux sociaux et souvent reprise par les médias, y compris à l'étranger. Cette question ne semble désormais plus intéresser grand monde − sinon le journal médical Le Spécialiste qui y a consacré un article en mars.
Si on se penche sur les compétences des ministres des différents gouvernements qui sont en place dans ce pays, on constate qu'ils sont encore plus nombreux à s'occuper de santé que sous la précédente législature. Tout dépend de la manière dont on compte, mais on peut en compter douze (même si l'un d'entre eux compte pour deux), soit trois de plus que sous la précédente législature.
Il y a six ministres de la Santé en titre : Frank Vandenbroucke (Vooruit) pour le gouvernement fédéral, Yves Coppieters (Les Engagés) pour le gouvernement wallon, Caroline Gennez (Vooruit) pour la Flandre, Valérie Lescrenier (Les Engagés) qui est en charge des politiques de Santé pour la petite Enfance en Fédération Wallonie-Bruxelles, Alain Maron (Écolo) − certes en affaires courantes – qui est toujours ministre de la Santé pour le gouvernement bruxellois et Lydia Klinkenberg (ProDG) pour le gouvernement de la Communauté germanophone.
Ces six ministres sont tous membres de la CIM (conférence interministérielle) Santé et sont donc officiellement les véritables ministres en charge de questions de santé en Belgique.
Il y a une certaine logique
Néanmoins, le MR et Les Engagés, qui ont négocié l'accord de gouvernement et surtout la répartition des compétences en Fédération Wallonie-Bruxelles, ont explosé d'autres compétences liées à la Santé entre différents ministres. Et pas un peu. Cinq ministres sur les six qui composent le gouvernement francophone ont des compétences liées à la Santé. On citera en premier lieu Yves Coppieters qui a déjà la Santé en Wallonie dans ses attributions mais aussi au sein du gouvernement de la Fédération où il a la tutelle sur l'Académie royale de médecine, sur l'agrément et le contingentement des professions de soins de Santé et sur la SSMG (Société scientifique de médecine générale). Il vaut donc pour deux ministres de la Santé si on part du principe qu'ils sont douze en tout. Le fait d'être un ministre de la Santé à double casquette répond cependant à une certaine logique.
Par ailleurs, Elisabeth Degryse (Les Engagés), la ministre-Présidente, est en charge des hôpitaux académiques francophones. Elle a aussi la compétence de l'Enseignement supérieur, ce qui a également une certaine logique. La ministre de l'Enseignement obligatoire, Valérie Glatigny (MR), exerce la tutelle politique sur les centres psycho-médicos-sociaux et Jacqueline Galant (MR) se charge du contrôle médico-sportif − elle est aussi ministre des Sports.
Trois à Bruxelles
Pour que le compte soit bon, il faut aussi évoquer les ministres bruxellois en charge de compétences liées à la Santé. Un nouveau gouvernement régional est attendu dans la capitale belge depuis des mois. En attendant, ceux qui étaient en place le jour des élections le sont toujours. Alain Maron a déjà été cité, mais il faut savoir que Barbara Trachte (Écolo) est chargée de la promotion de la Santé pour la Cocof − les francophones de Bruxelles. Elke Van den Brandt (Groen) pour sa part est chargée de la politique flamande de la Santé pour la Cocom − la structure politique chargée des matières communautaires transférées aux Régions.
Ces décisions répondent à une certaine logique. Il est néanmoins amusant de constater qu'une situation jugée problématique il y a cinq ans n'a pas été prise en compte lors de la confection des gouvernements fédérés.
