Michel De Maegd quitte le MR pour Les Engagés et cible Georges-Louis Bouchez: "Je ne peux pas accepter le népotisme, le clientélisme..."
Le parti d'Yvan Verougstraete a convoqué la presse à 10 heures ce mardi 6 janvier pour annoncer l'arrivée de Michel De Maegd et son départ du MR.


- Publié le 06-01-2026 à 09h15
- Mis à jour le 06-01-2026 à 13h49
Michel De Maegd quitte le MR pour rejoindre la formation d'Yvan Verougstraete.
Un mail a été envoyé à la presse ce mardi 6 janvier pour convoquer les journalistes à une conférence de presse à 10h. Etait évoquée "une annonce importante pour le parti". Mais quelques minutes avant la prise de parole d'Yvan Verougstraete, l'information a fuité: Michel De Maegd rejoint les rangs de la formation anciennement dirigée par Maxime Prévot.
Le député fédéral n'avait pas caché, ces derniers mois, son profond désaccord avec son président de parti Georges-Louis Bouchez, notamment sur la question palestinienne. En décembre, il s'était ému face au discours clivant de certains élus politiques sur la crèche de Bruxelles, ciblant sans le nommer le chef des libéraux.
"Une vision qui correspond davantage à la mienne"
"Après de longs mois de réflexion, j'ai donc choisi de rejoindre Les Engagés", a expliqué Michel De Maegd, lors de la conférence de presse. "J'ai l'intime conviction que ce mouvement porte aujourd'hui une vision qui correspond davantage à la mienne. Un libéralisme à visage humain, soucieux de l'éthique et de la probité, un respect profond des institutions, une volonté de rassembler plutôt que d'opposer, une approche responsable de la vie publique, un espace où l'on peut travailler sérieusement sans renoncer à la nuance ni à la complexité des enjeux."
L'élu a souligné qu'il ne s'agissait non pas d'un choix de rupture, "mais bien de cohérence". "Je choisis de rester loyal et fidèle à ce que j'ai toujours été. Je refuse de changer", a-t-il ajouté. "Force est de constater que le mouvement réformateur a profondément changé. Cinq ans plus tard, je ne reconnais plus le parti."
Un "désaccord profond avec l'éthique de Georges-Louis Bouchez"
Interrogé sur le rôle qu'a joué Georges-Louis Bouchez dans le transfert, Michel De Maegd a répondu que la personnalité du président du MR avait bel et bien pesé dans la balance. "C'est une évidence", a-t-il poursuivi. "Quand je vois qu'un président de parti conteste des décisions de justice, conteste la probité de la presse, conteste les institutions, prend des distances sur le cap absolu que doit être le droit international, quand je vois qu'un président de parti déclare qu'il ne croit pas à l'intelligence collective, quand je vois qu'il recadre une personnalité éminente (Sophie Wilmès, qui l'appelait à plus de nuance, NdlR) par une remontrance publique en disant que ses propos sont inadéquats, quand je vois aussi qu'il cultive le culte du chef, je me permets de vous dire que cela, c'est de l'illibéralisme. Ce n'est plus du libéralisme, c'est l'antithèse du libéralisme. Le libéralisme, c'est la liberté et la responsabilité de l'individu, ce n'est pas le culte du chef. Chaque jour, il y a des outrances, des saillies, qui font que je ne suis plus en phase avec ce projet politique."
Il a également pointé son "désaccord profond avec l'éthique" de M. Bouchez. "Je ne peux pas accepter le népotisme, le clientélisme, des légèretés avec la déontologie parlementaire", a-t-il tancé.
De son côté, le président des Engagés, Yvan Verougstraete a estimé que le nouveau venu était "un véritable atout" pour son mouvement. "Il a fait un choix positif, pas un choix contre qui que ce soit", a-t-il rappelé. "Comme de nombreuses personnalités avant lui, et j'en suis certain, encore d'autres à l'avenir, il a choisi la cohérence par conviction pour notre projet politique."
Un impact non-négligeable à la Chambre
Son départ prive le MR d'un siège à la Chambre et en offre un nouveau aux Engagés. Ce qui opère un léger déplacement de force. Les libéraux n'ont plus que 18 sièges tandis que les centristes arrivent à 15 et se rapprochent donc du poids légistatif des bleus.
