Georges-Louis Bouchez explique que "Frédéric Janssens va gagner son procès contre le Parlement wallon"
Il s'étonne qu'aucune procédure judiciaire ne soit ouverte à l'encontre des anciens présidents du Parlement wallon, André Antoine et Jean-Claude Marcourt.

- Publié le 02-02-2026 à 06h41

"Je vous mets un billet maintenant, je ne suis pas certain qu'ils obtiendront (NdlR : les élus wallons) la moindre condamnation, en tout cas pour malversation". C'est ainsi que le président du MR, Georges-Louis Bouchez s'est exprimé à propos de l'affaire dite du "greffier" du Parlement wallon. Ce dernier, Frédéric Janssens avait été viré de ses fonctions par le bureau du Parlement wallon, il y a deux ans, après une suspension de plusieurs mois. Il est reproché à Monsieur Janssens des faits délictueux liés à des marchés publics et un management toxique des services du greffe qu'il dirigeait. "Je pense qu'il va gagner en justice" a ensuite indiqué le président du MR avant de préciser aussi que "Viré quelqu'un qui est nommé comme ils l'ont fait n'est pas légal".
Ces propos ont été tenus, en présence de la ministre Jacqueline Galant, qui était membre du Bureau du Parlement wallon, lorsque celui-ci a décidé de démissionner d'office Frédéric Janssens de ses fonctions.
C'était le 13 janvier à Walhain dans le cadre de la même conférence où la ministre des Médias a eu des propos durs à l'égard de la RTBF.
La mort sociale de l'ancien greffier
Décidément, cette vidéo postée sur sa chaîne Youtube par le MR est riche d'enseignements. Les faits se passent une demi-heure avant les propos polémiques sur le média de service public lorsqu'un agriculteur qui participe à la conférence, explique qu'il y a "un problème qui me heurte. Si un agriculteur ou un indépendant avait les mêmes casseroles que Monsieur Janssens qui a bidouillé… Je veux bien qu'il soit toujours présumé innocent, en attendant il est toujours chez lui bien au chaud, payé grassement… ".
Georges-Louis Bouchez se saisit alors du micro et interrompt l'intervenant. "Il faut juste dire la vérité, Frédéric Janssens a zéro euros de revenu. Il est un citoyen inférieur aux autres." Le président du MR fait ainsi référence au fait que Frédéric Janssens a obtenu le droit de retrouver, par décision du Conseil d'État, le poste qu'il occupait à la province du Brabant wallon avant d'arriver au Parlement wallon. "Il pourrait faire valoir ses droits à la province, il a le droit de revenir, mais manifestement la pression médiatique fait qu'il n'y a pas de possibilité politique de le réintégrer".
Le Président du MR ajoute ensuite que "le procès qui lui est fait est scandaleux". Il ajoutera encore que "Ce type est en train de vivre un truc que Napoléon avait supprimé, c'est la mort sociale. Il ne peut plus rien faire, il n'a plus de revenus, c'est illégal". Georges-Louis Bouchez est d'ailleurs convaincu que lorsque Frédéric Janssens ira "gagner contre le Parlement wallon et contre la province du Brabant wallon et qu'on va lui payer ses indemnités avec effet rétroactif on viendra encore dire voilà ce qu'on fait avec l'argent public".
Et Bouchez en remet une couche. Pour lui cette affaire est une grande hypocrisie. "Tout le monde au Parlement wallon était au courant des problèmes qu'il y avait au greffe, tout le monde. Et personne ne voulait aller mettre ses mains là-dedans". Quand il dit tout le monde, il vise les élus wallons qui ont siégé du temps où Monsieur Janssens était greffier. "S'il doit être condamné, j'ose espérer qu'il y en aura d'autres qui le seront avec lui. Faire croire que ce type a tout fait, tout seul dans son bureau, c'est n'importe quoi". Il épingle ensuite les anciens Présidents du Parlement wallon, André Antoine (Les Engagés, ex-CDH) et Jean-Claude Marcourt (PS). "Je n'ai pas vu la moindre procédure ouverte contre André Antoine. Il a été président, son greffier faisait des trucs et il n'était pas au courant ? Alors qu'ils allaient bouffer ensemble tous les jours. Et Monsieur Marcourt ? Il n'y a rien contre Monsieur Marcourt. Il était aussi président du Parlement wallon. Et il n'a pas vu ce qu'il s'y passait ?"
Afin d'étayer sa défense de Frédéric Janssens, le président du MR s'en prend aussi aux agents du greffe du Parlement wallon − rappelons que c'est suite à plusieurs plaintes émanant de membres du personnel du greffe auprès de l'auditorat du travail que l'affaire a éclaté. "Le Parlement wallon c'est un endroit où les partis sont allés recaser des gens dont ils ne savaient pas quoi faire. Quand Janssens est arrivé, − et il a des défauts comme tout le monde, mais il a une qualité, il est rigoureux et il veut bosser − il s'est retrouvé face à des équipes qui ne voulaient pas bosser. Il n'est plus là et je peux vous dire que l'ambiance au sein du greffe c'est pas le paradis. Ils continuent leurs petits règlements de compte entre eux".
Entre parenthèses, précisons que le Bureau du Parlement wallon a envoyé de manière obligatoire, les agents se former en gestion de l'agressivité.
Les allocations familiales majorées des agents du greffe
Georges-Louis Bouchez fera encore référence au statut des agents du greffe. "Je peux vous dire qu'en matière de statut on peut en causer, avec leurs allocations familiales majorées". Le président du MR fait ici référence aux différents montants octroyés aux agents, en fonction de l'âge de leurs enfants. Une majoration qui va de 90 à 96 euros par mois par enfant.
Il n'est pas certain que cette séquence un peu inattendue va contribuer à ramener la sérénité au sein du Parlement wallon. Quant à Monsieur Janssens, il ne souhaite pas réagir.
