Les syndicats à la Chambre pour demander aux députés de revoir la loi sur la norme salariale

Le front commun a exposé ses arguments aux députés de la commission des Affaires sociales.

Les syndicats à la Chambre pour demander aux députés de revoir la loi sur la norme salariale
©AFP

Le front commun syndical CSC-FGTB-CGSLB s’est déplacé, mercredi, à la Chambre, pour réclamer une (nouvelle) révision de la loi de 1996 sur la norme salariale. Forts du soutien des 90 000 signataires de la pétition qu’ils avaient lancée contre cette loi - soit nettement plus que les 25 000 signatures requises pour ouvrir un débat sur un thème au Parlement -, les patrons des syndicats chrétien, socialiste et libéral ont, trois heures durant, exposé aux députés de la commission des Affaires sociales, leurs arguments en faveur d’une réforme de la loi de 1996.

La première demande syndicale est de supprimer le caractère impératif de la norme salariale (0,4 % pour 2021 et 2022) et de lui rendre un caractère indicatif. C’était d’ailleurs le cas avant 2017, année où le gouvernement Michel a durci la loi. Le banc syndical fait valoir que, lorsque cette norme était seulement indicative, elle n’a jamais été dépassée lors des négociations qui ont suivi.

Mieux calculer le "prétendu" handicap salarial

Le front commun plaide également pour que le "prétendu" handicap salarial de la Belgique par rapport aux pays voisins (Allemagne, France, Pays-Bas) soit calculé de façon plus rigoureuse, en prenant notamment en compte le tax shift et les subsides salariaux qui font baisser le coût salarial pour les employeurs belges.

Les présidents et secrétaires généraux des trois syndicats (Marc Leemans et Marie-Hélène Ska pour la CSC, Thierry Bodson et Miranda Ulens pour la FGTB, Mario Coppens et Olivier Valentin pour la CGSLB) ont également expliqué aux parlementaires qu’il conviendrait d’élargir la notion de compétitivité au lieu de se focaliser sur les coûts salariaux.

Enfin, ils exigent le maintien inconditionnel de l'indexation automatique des salaires et des augmentations barémiques, en plus d'une capacité retrouvée à négocier réellement des hausses de salaires. Le mécanisme d'indexation automatique des salaires est nécessaire mais clairement pas suffisant, juge Marc Leemans : "Le pouvoir d'achat de nombreuses personnes recule et nous plaidons pour une plus grande marge de manœuvre dans la négociation des salaires." Selon Thierry Bodson, la loi de 1996 a même contribué à creuser les inégalités entre les hauts et les bas revenus.

Après ces échanges cordiaux avec les députés, où les traditionnelles divergences gauche-droite sont réapparues, les députés devront décider de la suite à donner à cette audition (audition des employeurs, demande d’avis d’experts…). Ils le feront lors d’une prochaine séance. On peut imaginer que les partis de droite auront à cœur d’inviter le banc patronal à venir exposer ses arguments en faveur du maintien de la loi telle qu’elle organise la formation des salaires aujourd’hui.

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