Les abris antiatomiques fédéraux sont tous hors d'usage
Ils ont été revendus ou servent à d'autres usages, comme lieu de stockage notamment.

- Publié le 26-10-2022 à 14h15

Les temps de paix font le bonheur des écoles. Le 13 novembre 2015, le Conseil des ministres marquait son accord sur la vente d'un ancien bunker à l'Institut Saint-Louis de Namur.
"Cet abri antiatomique […] était occupé par la Protection civile, qui n'en a plus l'utilité […] L'Institut Saint-Louis est désireux d'acquérir la parcelle qui jouxte [l'école] afin d'agrandir la cour de récréation, enlever le mur mitoyen qui pose des problèmes de sécurité et consolider le passage pour les pompiers", justifiait à l'époque Jan Jambon (N-VA), l'ancien ministre ayant la tutelle sur la Régie.
"Aujourd'hui, la Belgique n'a plus d'abris antiatomiques publics", dit Olivier Galand, membre de la Coalition belge contre les armes nucléaires. Dans une réponse parlementaire écrite, l'actuel secrétaire d'État en charge de la Régie, Mathieu Michel (MR), indique que l'autorité fédérale possède encore trois abris antiatomiques, mais tous inutilisables.
"Les locaux ne sont plus opérationnels"
À Lierre (province d'Anvers), "l'abri antiatomique est actuellement utilisé pour le stockage des archives des SPF Justice et Finances. Il n'est pas prévu une autre utilisation pour le moment", explique M. Michel.
À Vresse-sur-Semois (province de Namur) et Gouvy (Luxembourg), les deux abris antiatomiques sont utilisés par Fedasil (l'Agence fédérale pour l'accueil des demandeurs d'asile). Ces deux abris "servent de locaux de stockage et il n'est pas prévu d'autres utilisations pour le moment. Ils ne sont plus opérationnels ; les installations de ventilation et les groupes de secours sont hors service, les portes étanches sont rouillées, etc. Ils ne peuvent donc plus accueillir de personnes."
Des œuvres d'art stockées dans un abri antiatomique en mauvais état à Braine-l'Alleud.
Le secrétaire d'État précise que les biens sont mis à la disposition de Fedasil tant qu'elle en a besoin, "sauf si la Régie des bâtiments [lui] demande de quitter les lieux". Il confirme au passage une vieille légende urbaine, celle de la présence d'un bunker sous le Parc royal à Bruxelles. Mais il précise que ce bunker "n'est pas un abri antinucléaire. […] Il est en très mauvais état [et] n'a plus d'utilité pour l'État fédéral".
Les autres niveaux de pouvoir peuvent également détenir de telles infrastructures. Ainsi, la Fédération Wallonie-Bruxelles (ou Communauté française) est propriétaire d'un abri antiatomique à Braine-l'Alleud, où elle a stocké des œuvres d'art, malgré le mauvais état des lieux.