Une terrible canicule s'abat sur le sud de l'Europe, où on va frôler les 50 degrés: "Le pire est désormais à craindre chaque été"
L'Espagne, l'Italie, la France ou encore la Grèce vont approcher ou battre des records de température dans les prochains jours.

- Publié le 17-07-2023 à 20h56
- Mis à jour le 18-07-2023 à 10h59

Jusqu'à 47 degrés en Espagne, 45 en Sardaigne, 43 à Rome ou 42 à Athènes, les prochains jours s'annoncent torrides sur le sud de l'Europe. Le bassin méditerranéen fait face à une hausse des températures depuis plusieurs jours, et cela va continuer dans les prochains jours. "C'est une situation exceptionnelle, mais malheureusement ça l'est de moins en moins dans cette région, souffle Pascal Mormal, météorologue à l'IRM. Ces phénomènes se répètent d'année en année, mais il ne faut pas les banaliser pour autant. Comme l'an dernier, on va approcher ou battre certains records, avec des prévisions qui atteignent 45 ou 47 degrés. Tout cela est dû à une remontée d'air du Sahara, avec des températures qui grimpent au sol, mais aussi en altitude. On assiste donc à un phénomène de pompe à chaleur qui est durable et qui s'auto-alimente."
Les touristes et les locaux risquent donc de souffrir, mais c'est la répétition de ces scénarios qui inquiète les experts. "Le pire est à craindre chaque été, désormais. On est face à un climat qui s'emballe chaque année, et pas seulement pour l'Europe", lance-t-il. Et cette chaleur fait des dégâts, notamment avec des incendies de forêt dans la région d'Athènes.
C'est en effet tout l'hémisphère nord qui est en proie à des phénomènes caniculaires. "On attend jusqu'à 56 degrés dans la vallée de la mort, aux États-Unis. Le record date de 1913, avec 56,7 degrés, et on va peut-être le battre. Les records deviennent malheureusement la norme."
En Chine également, un record de température pour une mi-juillet a été franchi dans la région du Xinjiang (ouest) avec 52,2°C enregistrés dimanche, selon la météorologie nationale, au moment où une partie du pays subit une vague de chaleur.
A contrario, la Belgique semble protégée, du moins pour quelques jours. "Ces remontées d'origine saharienne ne touchent pas notre pays cette fois-ci, car nous profitons d'un flux maritime assez actif. On échappe donc au pire, avec des températures qui vont tourner cette semaine autour de 23 à 25 degrés, indique Pascal Mormal. Pour la suite, rien ne dit que cela ne va pas chauffer également, mais les prévisions à 7-10 jours prévoient un temps stable."
Mais malgré l'absence de record de température et de pics de chaleur, la Belgique se dirige, elle aussi, vers un été record. "C'est peut-être moins marquant qu'en 2022, quand nous avions enregistré jusqu'à 40 degrés le 18 juillet dans le Brabant flamand, mais cet été 2023 a tout pour faire office de record absolu en termes de températures. Il y a bien eu une vague de chaleur en juin, mais sans dépasser les 30-31 degrés. En juillet, on n'a pas dépassé 32 degrés, mais les températures sont constamment au-dessus des normales de saison. Il faudrait qu'il fasse vraiment très frais au mois d'août pour que l'été 2023 ne soit pas une année record, ou presque", prévient-il.
Il ne cache d'ailleurs pas ses craintes pour l'avenir. "Je cherche toujours à rester dans les chiffres et moins dans les interprétations, mais l'événement climatique est là et il n'y a rien de normal à voir tout cela, en Belgique et ailleurs. Il est difficile de rester optimiste face à ce que l'on voit", conclut-il.