Cette communauté religieuse attire de nombreux jeunes en Belgique : "Nous sommes certains que l'évangélisation fait grandir notre foi"
"Notre vie, est faite à la fois de confiance dans ce que Dieu nous donne, et du travail de nos mains qui nous ancre dans le réel", témoigne Frère Marc, le fondateur de cette communauté religieuse.

- Publié le 22-09-2024 à 08h21

Aucun sondage ne démentirait le précédent. Une grande majorité des jeunes catholiques connaissent la Fraternité de Tibériade, près de Lavaux-Sainte-Anne, cette communauté religieuse qui trouve ses origines à la fin des années 70. Ils y ont passé quelques jours avec l'école, ont participé à des camps de jeunes, s'y sont arrêtés pour la messe, encouragés par des amis, ou y ont simplement prié dans la chapelle de pierre qui sent le feu de bois, l'encens et les bougies.
Pour rejoindre ce lieu étonnant, il faut quitter la E411, traverser le village de Lavaux-Saint-Anne et rejoindre une large vallée qui s'étire sur quelques kilomètres. Les vastes pans de ciel qui la dominent et les petits bois de chênes et de charmes qui la bordent ne laissent pas deviner la Fraternité. Si l'on s'écarte de la route, pourtant, on découvre une douzaine de petits bâtiments, une chapelle, une étable, une menuiserie, un fournil, des potagers, des ânes, des moutons, des poules et des vaches.
C'est ce bois dont avait hérité Marc Piret, devenu Frère Marc, et c'est à sa lisière qu'il eut à cœur d'accueillir des religieux pour vivre dans un esprit sobre et évangélique, à l'exemple de Saint François d'Assise. Ses débuts y sont progressifs. "Pendant des années, j'y ai poussé ma brouette tout seul", sourit-il aujourd'hui. Tout seul, ou presque, puisqu'il accueillait des marginaux, des pauvres qui venaient reprendre souffle auprès de lui. C'est même l'un d'eux qui encouragea Marc à ne pas baisser les bras et à poursuivre sa vie sur le lieu. "Quand elle couve, la poule ne perçoit rien. Elle pourrait se décourager, mais elle n'abandonne pas." Il avait raison. Un premier Frère, Frère Joseph, rejoignit Frère Marc, avant une vingtaine d'autres. Aujourd'hui, ils sont 28 à Lavaux-Saint Anne, mais aussi dans le village de Pondrôme à quelques kilomètres où vivent les soeurs de Tibériade, et en Lituanie où une maison fut fondée.
Jusqu'au Congo et aux Philippines
La vie sur place, rythmée par le travail manuel, l'accueil des familles et des jeunes, des temps de prière et d'étude pourrait ressembler à celles de bénédictins. Avec une différence de taille: les Frères et les Sœurs de Tibériade sillonnent le pays (ce que ne font pas les bénédictins), visitent des familles, se rendent dans des écoles, développent des projets d'évangélisation et humanitaires au Congo ou aux Philippines. "Nous essayons de vivre la vie de Jésus qui a vécu avec ses apôtres, déjà en fraternité. Puis, fort de la joie que cela procure, nous partons en mission. Nous sommes certains que l'évangélisation fait grandir notre foi, simplement parce qu'elle est partagée."
Si le lieu touche de très nombreux croyants de toutes origines sociales et culturelles (c'est une particularité de Tibériade), c'est par la simplicité et la sobriété qui s'en dégagent, l'ancrage de la vie quotidienne – autant que possible – dans ce que proposent les Évangiles, et la beauté du travail manuel, du jardin, de la formation qui y est développé. "Notre vie, est faite à la fois de confiance dans ce que Dieu nous donne, et du travail de nos mains qui nous ancre dans le réel." "S'émerveiller de l'épeautre et du forment récoltés, des agneaux qui gambadent, travailler notre vie fraternelle, nous pousse à la conversion et au partage." Tous les dimanches à 11h, une messe rassemble d'ailleurs largement. "Et l'après-midi, avec la prière des vêpres, un goûter ouvert à tous est aussi l'occasion d'un partage et de rencontres toutes simples."
