Conflit israélo-palestinien: les universités flamandes limiteront leurs coopérations avec leurs partenaires israéliens
Les universités flamandes n'entameront plus de nouvelles coopérations avec des partenaires israéliens impliqués dans de graves violations des droits de l'Homme, a annoncé vendredi le Conseil interuniversitaire flamand (VLIR).

- Publié le 31-01-2025 à 13h58
- Mis à jour le 31-01-2025 à 14h12

Cette décision fait suite à la publication d'une lettre ouverte mi-janvier, signée par près de 6.700 étudiants et membres du personnel, afin d'inciter les universités à rompre leurs liens académiques avec Israël en raison du conflit en cours à Gaza et l'occupation de territoires palestiniens.
Parmi les signataires figuraient 32 doyens de faculté, 1.279 professeurs, 1.574 chercheurs, 657 membres du personnel administratif et technique et 3.343 étudiants. Plusieurs personnalités titulaires de doctorats honorifiques attribués par différentes universités avaient également soutenu l'appel au boycott. Le producteur de télévision et journaliste de guerre Rudi Vranckx, l'activiste climatique Greta Thunberg, le musicien Brian Eno et le metteur en scène Ish Ait Hamou avaient notamment signé la lettre ouverte.
Les universités flamandes ont à présent décidé de ne pas entamer de nouvelles coopérations universitaires avec des partenaires israéliens impliqués dans de graves violations des droits de l'homme.
L'examen des droits de l'homme par le VLIR, élaboré par des experts en 2019, est strictement appliqué, en ce compris pour des cas de collaborations avec des partenaires de recherche israéliens. "Les projets en cours ont été soumis à un examen supplémentaire approfondi, au cas par cas, dans toutes les universités, également à la lumière de la gravité du conflit", assure le Conseil interuniversitaire flamand.
Le pendant francophone du VLIR, le Conseil des rectrices et recteurs (Cref), avait aussi pris position par rapport à la lettre ouverte, le 21 janvier dernier par communiqué, et indiqué qu'elle n'avait pas "attendu cette interpellation pour réagir".
Le Cref a rappelé sa condamnation "de toutes les attaques ou destructions systématiques des institutions d'enseignement palestiniennes" et s'est engagé à "suspendre les collaborations institutionnelles avec les organisations, quelle que soit leur origine, qui soutiennent de manière répétée ou sont directement impliquées dans les violations du droit international et des droits humains", sans toutefois préciser les organisations pour l'heure visées.
Le collège a également signalé deux interpellations menées l'an dernier auprès de la Commission européenne pour "lui rappel(er) ses responsabilités" et "l'incit(er) à fournir des lignes directrices claires avec l'examen de projets européens avec des partenaires israéliens". Une action judiciaire est par ailleurs en réflexion avec le VLIR pour obtenir une réponse claire de la Commission.
