"Les jeunes qui posent des problèmes à Ostende sont présentés par certains comme des 'Bruxellois'. La réalité est beaucoup plus complexe..."
John Crombez, bourgmestre d'Ostende, précise que les individus problématiques se voient "interdire leur présence dans certains endroits" de la commune.

- Publié le 27-06-2026 à 11h48
- Mis à jour le 29-06-2026 à 12h12

L'été ne s'annonce pas de tout repos pour John Crombez. L'ancien président des socialistes flamands se trouve désormais à la tête de l'une des communes les plus courues de Belgique dès que les températures grimpent : Ostende. "Je suis un bourgmestre heureux et fier, parce que cette ville est spéciale, le bien-être y est élevé, et puis nous avons la mer...", présente celui qui fut secrétaire d'État à la Lutte contre la fraude sociale et fiscale. Mais le quinquagénaire reconnait également que la gestion de ce lieu touristique peut s'avérer "complexe" face aux troubles des visiteurs. Redoute-t-il les nuisances cet été ? Les fortes chaleurs peuvent-elles exacerber la situation ? John Crombez est l'Invité du samedi de La Libre.
L'ambiance de ces derniers jours, sous la canicule, est-elle compliquée à gérer à Ostende ?
On n'a pas eu de problèmes jusqu'à maintenant, probablement parce que les examens ne sont pas encore finis partout. Mais la présence touristique est en train de croître. Avec la fin des cours et la chaleur, la ville va se remplir.
Avez-vous déjà pris des mesures en anticipation de l'afflux de touristes à venir ?
Oui, évidemment. Nous appliquons déjà des mesures dynamiques sur des aspects comme le parking, la mobilité, la sécurité ou les déchets, qui sont tous impactés par le présence de beaucoup de monde en un même endroit lors d'une petite période.
Comment parvenez-vous à adapter la mobilité ?
Toute la matinée, nous analysons la disponibilité des places dans le centre-ville. Lorsque les parkings sont presque saturés, nous commençons à guider le trafic vers différents endroits où il reste des places. Nous avons aussi renouvelé le système d'affichage pour indiquer très rapidement les disponibilités. Il existe également une navette entre les deux côtés du port.
Comptez-vous prendre des mesures particulières face à la consommation abusive d'alcool ?
Il existe une interdiction d'alcool dans une certaine partie de la ville, mais qui n'est pas liée spécifiquement à la période touristique estivale. À la mer, la situation est un peu différente du reste du pays : les températures sont un peu moins élevées et le vent souffle toujours plus. L'impact de la chaleur sur le physique est donc moindre, et on voit moins de problèmes causés par les liens entre alcool et températures.
Des groupes de jeunes causent parfois des problèmes sur la plage, particulièrement les week-ends ou en période de vacances. Est-ce de plus en plus récurrent ?
Non, ce n'est pas récurrent, ce qui rend d'ailleurs la gestion plus difficile. Cela se produit de temps en temps, particulièrement en période de chaleur. Nous identifions alors les jeunes qui posent des problèmes. Certains les présentent comme des jeunes qui viennent en train depuis le centre du pays. Nous constatons pourtant une réalité beaucoup plus complexe que cela...
Que voulez-vous dire ? Les fauteurs de troubles ne sont pas des "jeunes Bruxellois", comme certains médias les présentent pourtant régulièrement ?
Non, ce n'est pas vrai. Depuis longtemps, le problème est réduit à cette présentation simpliste. Certains jeunes venant de Bruxelles posent parfois problème, mais c'est le cas aussi de jeunes d'autres villes, notamment d'Ostende.
Pouvez-vous définir le profil de ces jeunes ?
Non, je ne peux pas et je ne veux pas. Je ne souhaite pas profiler. Tout le monde est le bienvenu, et nous déployons beaucoup d'effort pour accueillir les touristes. Nous le faisons avec plaisir. En retour, nous ne demandons pas beaucoup plus qu'un peu de respect pour les autres gens et pour la ville.
Quelles mesures prenez-vous lorsque des problèmes se produisent ?
Nous identifions ces individus et nous interdisons leur présence dans certains endroits touristiques, comme une partie de la plage, le centre-ville, et à certains événements. Lors d'un récent week-end, nous avons pris cette mesure à l'encontre de cinq personnes. Si les incidents sont plus graves, la police et la justice assurent le suivi habituel.

Les citoyens ostendais se plaignent-ils souvent des nuisances causées par l'afflux touristique ?
Souvent, non. Mais cela se produit lorsque le trafic est dense, les parkings sont saturés et les comportements des gens sont irrespectueux. Je comprends très bien les réactions des citoyens qui vivent dans l'ancien centre-ville. Mais, la plupart du temps, même avec 200.000 personnes présentes à Ostende, tout se passe bien.
Parvenez-vous à renforcer suffisamment la présence policière ou arrive-t-il que vous manquiez d'effectifs ?
Nos corps policiers sont parmi les plus actifs du pays, avec ceux de Bruxelles. Leur travail est intense à certaines périodes. Ils gèrent comme il faut, mais quand la situation l'exige, on peut demander la coopération des zones autour d'Ostende.
Vos sauveteurs sont-ils suffisamment nombreux ?
Oui, et on y regarde de très près. Nous évaluons systématiquement la présence nécessaire.