Grosse bague en diamant offerte à Trump et couac sur l'hymne US : La Libre a assisté au show à l'américaine de Bill White au Cinquantenaire
La fête polémique de l'ambassadeur américain a réuni plus de monde que prévu. Une bonne partie des politiques belges était là. Surtout de certains partis. "On se croirait à un congrès du MR", sourit Georges-Louis Bouchez.

- Publié le 29-06-2026 à 08h48
- Mis à jour le 29-06-2026 à 12h42

Les cieux sont américains. Quelques heures après de violents orages et une canicule infernale, Bill White, l'ambassadeur des États-Unis en Belgique, a évité le pire pour sa méga-party organisée au Cinquantenaire à Bruxelles ce dimanche soir. Le New Yorkais l'avait promis : il voulait faire de cette fête, célébrant les 250 ans de l'indépendance des USA, un évènement "qui restera dans les mémoires pendant des générations". À la grande colère des riverains et de plusieurs associations qui avaient manifesté contre cette "fête privée".
Pick-up, cow-boy et musique country
Bill White avait mis les petits plats dans les grands. Hamburgers à gogo, cours de baseball, de rodéo, pom-pom girls ou pick-up avec des cow-boys distribuant des bières Budweiser sous fond de musique country : c'est une certaine Amérique qui s'est exportée à Bruxelles ce dimanche. Le monde politique belge était bien présent, même si on n'a pas croisé d'élus PS, Ecolo et encore moins PTB. Côté francophone, il y avait par contre un parti qui était omniprésent. "On se croirait presque à un congrès du MR, sourit Georges-Louis Bouchez, le président des libéraux francophones.

Parmi les ténors du parti, seule Sophie Wilmès faisait défaut. "On est un parti atlantiste, poursuit M. Bouchez. On préférera toujours se tourner vers Washington, notre allié naturel, plutôt que vers Moscou. Ceci dit, on peut parfois avoir des hauts et de bas dans une relation et cela n'exonère pas l'Europe de renforcer son autonomie stratégique et sa souveraineté".

Côté flamand, ce sont les élus de la N-VA qu'on voyait partout. Avec un discours semblable. "On n'est sans doute pas d'accord sur tout, mais cette alliance avec les États-Unis reste cruciale pour notre prospérité et notre sécurité", explique ainsi Bart De Wever avant de sauter dans une voiturette le tirant de sa loge VIP. En tant que ministre des Affaires étrangères, je me dois d'être là", répète de son côté Maxime Prévot (Les Engagés).
Mais la star du jour, c'était bien Bill White. Entouré d'un nombre impressionnant de gardes du corps, et jamais loin de son mari, l'homme a assuré le show quasiment à lui tout seul. Taclant à la fois les médias ("Ils ne pensaient jamais que j'aurais pu attirer 8000 personnes", la chanteuse Katy Perry, qui a décliné son invitation et dont le concert a été annulé samedi à Werchter à cause des orages ("Karma is bitch"), le sexagénaire s'est lancé dans une longue tirade de remerciements et d'autocongratulations. "On passé les huit plus beaux mois de notre vie depuis qu'on est en Belgique", renchérit son mari.

L'amabassadeur, un proche de Trump ("un vieil ami de 35 ans"), aime mélanger les genres. Dans la partie remerciement, on passe ainsi d'une grande photo du couple royal belge "qui n'a hélas pas pu venir" à celles de canettes de sodas "grâce à qui ce show a pu avoir lieu". Bill White avait d'ailleurs prévenu les entreprises : il valait mieux venir à sa fête si on voulait continuer à faire des affaires aux États-Unis. "J'ai réussi à récolter plus de 5 millions de dollars auprès de sponsors, lance-t-il fièrement, avant de faire défiler le nom de ces bienfaiteurs, parmi lesquels on retrouve les multinationales américaines telles que Meta, Microsoft, Nike et McDonald's, mais aussi des sociétés belges comme FN-Browning, Leonidas, le port d'Anvers-Bruges ou la Sonaca.

On passe aux cadeaux. Et à ce niveau, les diamantaires anversois font rarement dans la dentelle. Ils offrent une gigantesque bague personnalisée au président Donald Trump, qui aura demandé trois mois de travail intense. "Pour votre anniversaire de 500 ans, prévenez-moi plus tôt", sourit le diamantaire auteur du bijou. On enchaîne avec le moment attendu par beaucoup de monde : une vidéo de Donald Trump "himself" s'adressant aux invités. L'homme paraît fatigué, son discours est convenu.

Les applaudissements sont timides, largement inférieurs à l'ovation rendue aux services de police quelques minutes plus tôt. "On n'aime pas Trump, sourit un couple d'Américains habitant à Bruxelles depuis 20 ans. Mais on ne va pas le huer non plus, c'est un jour de fête et d'union pour tous les Américains".
Le cadeau belge
La Belgique est aussi venue avec son petit cadeau : l'objet est l'oeuvre des cristalleries du Val Saint-Lambert et allie le cristal et le diamant, symboles de la Wallonie et de la Flandre, et l'aigle, symbole des États-Unis. Le tout réalisé avec de la terre des champs de bataille de la Seconde Guerre mondiale. Un hommage aux nombreux soldats américains décédés sur notre sol.

Côté musical, c'est le groupe de country Zac Brown Band qui assure le spectacle. La sono est cette fois au point. Quelques minutes plus tôt, personne n'avait entendu la pauvre chanteuse de country Alexis Wilkins, qui est aussi la compagne du directeur du FBI, entonnant l'hymne national américain. "On le refait une deuxième fois", lance Bill White, tout en assurant au technicien "qu'il est viré". Un humour digne de son grand patron, Donald Trump.
"Il voulait toujours plus grand"
Après des discours du secrétaire général de l'Otan Mark Rutte et de la présidente du Parlement européen Roberta Metsola, place aux feux d'artifice, un imposant bouquet qui dure 28 minutes, et d'un show de drones. Bill White verse une petite larme sur le énième hymne des États-Unis. L'homme a réussi son pari. Et ce n'était pas gagné. "C'était compliqué. Chaque fois qu'on le voyait, il nous disait qu'il voulait quelque chose de plus grand, nous indique un des organisateurs. Depuis quatre jours, il y a des gardes de sécurité partout, même sur les arcades du Cinquantenaire. On va enfin pouvoir se reposer".