En Belgique, une femme sur cinq recourt à l'avortement au moins une fois dans sa vie
En Belgique, l'avortement concerne une femme sur cinq ; en France, c'est même une femme sur trois, indique le docteur Verougstraete, qui pratique des IVG depuis plusieurs décennies. "Si vous prenez dix femmes de 50 ans au hasard, deux d'entre elles ont arrêté une grossesse au moins une fois au cours de leur vie", indique la gynécologue.
- Publié le 20-11-2019 à 09h48

En Belgique, l'avortement concerne une femme sur cinq ; en France, c'est même une femme sur trois, indique le docteur Verougstraete, qui pratique des IVG depuis plusieurs décennies. "Si vous prenez dix femmes de 50 ans au hasard, deux d'entre elles ont arrêté une grossesse au moins une fois au cours de leur vie", indique la gynécologue.
Une femme est en moyenne fertile pendant 35 ans et connaît autour de 450 cycles d'ovulation au cours de sa vie. "La protection tous les jours, sans faille, c'est quasi impossible. Toutes les femmes ont des accidents de contraception. Les plus fertiles le paient cash".
L'IVG se pratique dans 8 cas sur 10 dans un centre extra-hospitalier et 2 fois sur 10 à l'hôpital. En l'absence de chiffres officiels récents, les données récoltées par les centres extra-hospitaliers qui pratiquent des avortements (Luna en Flandre ; les centres de planning familial du Gacehpa et des Femmes prévoyantes socialistes, côté francophone) sont éclairantes.
On n'y voit pas d'augmentation du nombre d'avortements au cours des années récentes. Il y aura même une inflexion. En 2017, on a relevé 15 091 IVG pratiquées dans le délai légal de 12 semaines dans les plannings familiaux, soit le niveau le plus bas depuis 6 ans. En 2012, il y en a eu 15 736 ; en 2013, 16 256 ; en 2014, 15 758 ; en 2015, 15 947 et en 2016, 15 147.
Comment expliquer cette tendance ? "Dans les centres, on propose de placer un stérilet hormonal ou en cuivre après une IVG. Cela a peut-être diminué le nombre de femmes qui tombent une nouvelle fois enceintes sans l'avoir voulu", avance le docteur Verougstraete.
Remboursement du stérilet
Si l'interruption volontaire de grossesse est remboursée par l'Inami (assurance maladie-invalidité), le stérilet ne l'est pas. Certaines mutuelles interviennent, partiellement, après-coup. "Les stérilets devraient être remboursés directement par l'assurance-maladie. On plaide depuis longtemps en faveur de cette mesure. Si l'Inami n'a pas d'argent, qu'au moins le stérilet soit remboursé pour les femmes qui bénéficient d'une intervention majorée ou n'ont pas du tout de sécurité sociale. Ce sont celles qui en ont le plus besoin", scande le docteur Verougstraete.