Une proposition adoptée en commission prie le gouvernement d’adhérer à l’accord sur la répartition de migrants sauvés en mer.

Une proposition de résolution d’Écolo-Groen visant à adhérer à un plan de répartition des migrants secourus en Méditerranée a été approuvée, ce mercredi, en commission des Relations extérieures de la Chambre. Ce plan avait été rédigé en septembre à Malte, à l’initiative de quatre pays européens (Italie, Allemagne, France et Malte). Il pose les bases d’un mécanisme temporaire de répartition des migrants secourus en mer et débarqués dans les ports maltais ou italiens.

Forcer le gouvernement à se positionner

Quel est l’intérêt d’une telle proposition de résolution, alors qu’aucun consensus ne s’est dégagé à l’échelon européen ? Donner au gouvernement un mandat pour agir. En effet, la ministre en charge de l’Asile et de la Migration, Maggie De Block (Open VLD), avait déclaré en octobre que la Belgique ne pouvait pas participer à ce mécanisme européen parce que l’exécutif est en affaires courantes.

La ministre fédérale plaidait alors pour une approche "globale et structurelle" sur le débarquement des personnes migrantes mais aussi sur la migration de transit et la relocalisation depuis les pays tiers. L’Open VLD n’a vraisemblablement pas changé d’avis : ce mercredi, il a voté contre le texte, comme la N-VA et le Vlaams Belang. Pour les libéraux flamands, "la clé est dans une réforme structurelle du système d’asile européen, avec des engagements contraignants pour une répartition équitable des demandeurs d’asile entre tous les États membres".

Le texte des verts, soutenu par le PS, le SP.A, le MR, le CD&V, le PTB et Défi, demande ainsi au gouvernement fédéral de "soutenir le plan italien de répartition" des migrants secourus et vise à conduire la Belgique "à soutenir cet accord dit de Malte", selon un communiqué de presse d’Écolo. Le texte précise que la Belgique devrait devenir partie prenante à l’accord conclu en septembre par l’Italie, l’Allemagne, la France et Malte, et déclarer sa volonté de principe d’accueillir une partie des migrants secourus.

"La proposition italienne de répartir ces naufragés entre les différents pays européens est très pertinente et nous avons estimé que la Belgique ne pouvait pas rester à la traîne à ce sujet, indique le député Simon Moutquin (Écolo), porteur de la résolution. D’un point de vue humanitaire, nous ne pouvions pas hésiter. […] Le droit international est également clair sur ce point : on ne laisse pas des humains se noyer. Mais ne pas laisser les pays de destination, tels que l’Italie, la Grèce ou Malte, affronter seuls les difficultés consécutives à ces sauvetages relève tout autant du bon sens. Il est logique, normal et salutaire que, via cette majorité parlementaire, un pays comme la Belgique, avec sa forte tradition de solidarité, soutienne cette initiative européenne émergente."