L'art pour redécouvrir le merveilleux parc d'Enghien
La Biennale d'art contemporain s'inscrit bien dans le parc, avec en prime la découverte d'un surprenant retable.

- Publié le 08-09-2020 à 07h41

La troisième Biennale d'art du parc d'Enghien a débuté le week-end du 5 septembre et a attiré d'emblée beaucoup de monde, preuve à nouveau de cet appétit de culture qui demeure dans un public trop longtemps confiné dans le virtuel.
Quel plaisir de redécouvrir cet immense parc implanté au coeur de la ville, si vaste qu'on doit le laisser en partie quasi sauvage, ce qui ne fait qu'accroître son charme: ses étangs endormis où on joua Le maître de musique, ses grands cèdres, sa roseraie et son jardin des dahlias, les deux pavillons chinois, le pavillon des Sept Etoiles, en forme d'heptagone au milieu d'un bassin, lieu riche de références maçonniques.
Ce parc des Aremberg repris ensuite par la famille Empain, appartient à la ville depuis 1986 et est désormais libre d'accès. Il accueille tous les deux ans l'art contemporain, sans esbroufe et avec délicatesse.

Cela permet de découvrir les écuries, de s'aventurer dans le long tunnel qui permettait jadis aux occupants du château de s'enfuir discrètement, de monter au sommet de la chapelle castrale.
Le choix des artistes a été réalisé par Christophe Veys et l'artiste Myriam Louyest à la base de cette Biennale, initiative privée.
Rien de spectaculaire dans les ouvres présentées qui optent pour la poésie et l'inscription subtile dans le lieu.
Retable exceptionnel
On remarquera ainsi dans les écuries, le travail ludique d'Adrien Lucca avec deux grands ballons jaunes qui changent de couleurs si on les pousse. Dans les caves sombres, une vidéo d'Edith Dekyndt montre dans un plan fixe une terre fumante, un fumier, des cendres.
Dans les pavillons chinois, Lucile Betrand, a placé un nuage fait de plumes blanches d'oiseaux, accrochées à des centaines de fils invisibles. A cette oeuvre répond celle de l'autre pavillon, où sur des lutrins, elle a déposé les partitions de chants d'oiseaux que chacun peut interpréter.
Si toutes les oeuvres ne sont pas d'un même intérêt, il ne faut pas manquer la chapelle castrale et monter au sommet de la tour où Jacqueline Mesmaeker, 91 ans, qui vient d'être fêtée à Bozar, a redéployé une installation de 1978, avec des longs tulles blancs dégringolant de la charpente et sur lesquels sont projetés des images de vols d'oiseaux qui passent d'un tulle à l'autre, Avec leurs cris, les brindilles tombées du toit qui s'accumulent sous les draps blancs et les figures énigmatiques de deux bustes en marbre, l'installation a une poésie particulière.

Plus bas, on trouve les photographies fortes de Pierre Liebaert sur la naissance, la mort, le cycle de le vie. Et dans les caves, les images troublantes de Maria Friberg, avec la vidéo d'un vortex dans lequel flottent des chemises et l'image de trois jeunes encapuchonnés perdus dans un sous-bois moussu et sombre.
Si on est là à 17h, il ne faut pas manquer la visite exceptionnelle du retable de l'église Saint-Nicolas, à côté du parc, visible pour la Biennale. Datant de 1535, parfaitement conservé, réalisé à Anvers, il raconte la vie de la Vierge, avec 127 personnages sculptés et dorés. Au centre, une surprenante circoncision de Jésus le 1er janvier par un rabbin à lunettes noires !

Biennale d'Enghien 2020, « De terre & de ciel », jusqu'au 20 septembre, tous les jours de 14h à 18h. Visite du retable. De l'église Saint-Nicolas à 17h.