George Clooney, star cool et engagée

En août dernier, fidèle à Venise, George Clooney faisait l’ouverture de la Mostra avec "Les marches du pouvoir". Présenté en Compétition, le film n’a pas été retenu au palmarès, mais a enchanté le Lido. Il faut dire que l’acteur le plus glamour d’Hollywood était bien entouré...

George Clooney, star cool et engagée
©AP
Hubert Heyrendt

En août dernier, fidèle à Venise, George Clooney faisait l’ouverture de la Mostra avec "Les marches du pouvoir". Présenté en Compétition, le film n’a pas été retenu au palmarès, mais a enchanté le Lido. Il faut dire que l’acteur le plus glamour d’Hollywood était bien entouré, venu accompagné de ses acteurs Philip Seymour Hoffman, Paul Giamatti, Evan Rachel Wood et Marisa Tommey.

En conférence de presse, Clooney ne cache pas son intérêt pour la politique, mais continue d’affirmer qu’il n’en fera jamais. "On a à la présidence quelqu’un de bien meilleur que moi. Je fais un travail que j’adore, avec des gens séduisants. Pourquoi devrais-je faire de la politique ?" Pour lui, son 4e long métrage n’est d’ailleurs pas un film politique. "On pourrait faire le même film sur Wall Street. On parle de moralité : est-on prêt ou non à se vendre ?" Pas plus qu’il a le sentiment de livrer un film plus personnel. "J’ai travaillé des années pour devenir Danny Ocean (son personnage de la série "Ocean’s Eleven", NdlR) en buvant beaucoup, plaisante-t-il. Si vous passez 4-5 ans à travailler sur un projet, c’est forcément un film personnel".

Aux yeux de ses acteurs, il existe, ceci dit, un lien entre la politique et la comédie, la nécessité de séduire. "Mon personnage ne joue par sur la séduction, je ne pourrais pas , s’amuse Giamatti. Mais c’est vrai qu’en Amérique, tout le jeu politique est un jeu sexy. Nous essayons de montrer cela". Tandis que pour la jeune Evan Rachel Wood, "c’est très humain de séduire ou de se faire séduire de façon à obtenir ce que l’on veut" "Le monde de la politique est séduisant, il y a de l’argent, le pouvoir attire, et l’on s’en sert très souvent", confirme Clooney.

Le titre énigmatique de son film en VO, "Les ides de mars", Clooney l’explique en référence à la tragédie. "On est parti de la pièce de Beau Willimon, car le sujet nous intéressait : la fin justifie-t-elle les moyens ? Les ides de mars, c’est simplement la date, le 15 mars, journée durant laquelle se déroule l’action. On a choisi ce titre, car certains des thèmes traités nous semblaient shakespeariens. Après, c’est au public de décider qui sont ici Cassius, Brutus et César "

La volonté, en effet, est d’universaliser le propos, en ne le réduisant pas au strict champ de la politique américaine. "On a travaillé sur ce sujet : la fin justifie-t-elle les moyens ? Nous avons pensé que la primaire démocrate était un milieu très intéressant compte tenu de la situation dans notre pays. On vit une période difficile, rongée par le cynisme. Celui-ci semble l’emporter sur l’idéalisme, mais cela va changer, du moins je l’espère. Nous allons arranger les choses."

D’où l’importance pour Clooney de faire ce film aujourd’hui. "Il n’y a rien de nouveau, tout cela existe depuis Jules César. Mais on continue à répéter les mêmes erreurs. Nous étions déjà en préproduction en 2007, et puis Obama a été élu. On était tous de bonne humeur, alors que ce film est cynique. Mais un an après, la bonne humeur a disparu et on s’est dit qu’on pouvait faire ce film. Nous voulons proposer des histoires qui posent des questions plutôt que donner des réponses. J’ai grandi avec les films des années 70, des films excellents. C’était une période difficile, marquée par la drogue, les mouvements antiguerre et féministes. Aujourd’hui aussi, les temps sont difficiles "