"La grande course au fromage" : Pas de quoi en faire un fromage
- Publié le 01-03-2017 à 10h01

Un dessin animé norvégien à réserver aux tout-petits.
En dépit du climat glacial, en Norvège comme partout ailleurs, on peut avoir le sang chaud. Depuis des temps immémoriaux, tout oppose deux villages voisins, bien décidés à démontrer à tout prix leur supériorité. Solan le bravache est tellement sûr de lui qu'il parie sa maison et toutes les inventions de son ami Feodor s'il gagne la légendaire course au fromage. Son rival, tout aussi confiant dans son équipe et sa roublardise, n'hésite pas à miser son usine à fromage.
Avec les dessins animés à plusieurs niveaux de lecture destinés autant aux enfants qu'aux ados ou aux parents, les productions conçues uniquement pour les tout-petits deviennent denrée rare au cinéma. "La grande course au fromage" entre sans conteste dans cette catégorie. Ici, tout se situe au premier degré : les protagonistes disent ce qu'ils pensent, font ce qu'ils disent, s'enflamment à la première lueur d'espoir et s'éteignent au moindre signe contraire. Aucune surprise à attendre : tout est bien expliqué dès le départ.
Scénaristiquement, cet "Indiana Jones" pour les moins de 6 ans mâtiné de peurs enfantines ne révolutionne strictement rien, donc. Par contre, sur le plan technique, l'animation 3D image par image (Stop Motion) est jolie, fluide, colorée, charmante. Agréable, sans jamais égaler la maestria du studio Aardman. Et sans apporter sa touche de folie, son inventivité humoristique. Ici, tout est classique, gentillet, mignon, moralisateur. Cela manque donc cruellement de charme.

Réalisation : Rasmus A. Sivertsen. Scénario de Karsten Fullu. Basé sur l'œuvre de Kjell Aukrust Avec les voix, en français, de Michel Hinderijkx, Philippe Allard, Pascal Racan… 1h15.