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Emma Dante : "Je voulais raconter combien il est difficile de surmonter le sentiment de culpabilité"

Présenté à la 77e Mostra de Venise en septembre 2020, Le sorelle Macaluso est resté injustement absent du palmarès. C'était pourtant l'un des plus beaux films de la Compétition. Un film très poétique, qui met en scène le destin tragique de cinq sœurs palermitaines frappées par la mort de Tida, la plus jeune d'entre elles.

Entretien : Hubert Heyrendt, à Venise
Emma Dante : "Je voulais raconter combien il est difficile de surmonter le sentiment de culpabilité"
©Cherry Pickers

Quand Tida apparaît à ses sœurs adultes, vous ne la traitez pas comme un fantôme, plus comme un souvenir…

En effet. C'est un souvenir, une présence dans leur tête. L'idée est simple, mais c'est ça le cinéma : la photographie. À l'écriture, j'avais peur de faire un film sur les fantômes. Dans le scénario, la petite fille était souvent présente dans l'appartement. Mais, au tournage, j'ai compris que c'était dangereux, qu'elle risquait de devenir un fantôme. Elle ne devait au contraire apparaître que dans les cadres où on l'avait vue précédemment dans le film.

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