"The Gray Man": Ryan Gosling affronte Chris Evans dans la production de Netflix la plus chère à ce jour

Le héros de Drive affronte Chris Evans dans le blockbuster la production la plus chère à ce jour de Netflix.

Une production Netflix à deux cent millions de dollars peut-elle être encore qualifiée de blockbuster ? Techniquement, non, le film ne bénéficiant que d'une courte exclusivité en salles (dix jours jusqu'à sa mise en ligne le 22 juillet). Sur le papier, The Gray Man en a le concept.

À la réalisation, les frères Anthony et Joe Russo négocient l'après-Marvel, en concrétisant ce projet vieux de huit ans. Ils venaient de signer Captain America : Winter Soldier, premier de leurs quatre films pour Marvel Studios. Les wonder-boys du cinéma super-héroïques ne changent pas de catégorie, même si l'univers du Gray Man se veut plus terre à terre que celui des Avengers.

Au casting : Ryan Gosling tente un retour en force, dix ans après Drive et quatre après First Man, son dernier rôle majeur. Chris Evans veut casser son image lisse de Captain America en psychopathe. Ana de Armas capitalise sur son caméo virevoltant dans le dernier James Bond. Rêvant peut-être du smoking de Daniel Craig, Regé-Jean Page troque les atours de Bridgeton pour ceux d'un cadre de la CIA. Billy Bob Thornton (Fargo), Jessica Henwick (Love and Monsters), Wagner Moura (Narco) ou encore Dhanush (le Bruce Lee tamoul) complètent ce casting tout terrain.

"007 était déjà pris" ironise même Six (Gosling), tueur anonyme de la CIA, quand on s'étonne de ce nom codé. Ce repris de justice recruté et formé dans un programme secret tient plus de Bourne, Jason que de Bond, James.

Il court, la mort aux trousses, de Bangkok à Prague, pour sauver sa peau, celle de la nièce de son mentor et révéler les malversations d’un supérieur aux méthodes de mafieux. Rien de neuf au pays des barbouzes si on a la mémoire dans la peau cinéphile, donc. Mais ça fait vendre du papier : Six est déjà le héros de douze romans, signés par Mark Greaney, émule et doublure de plume de Tom Clancy.

Au service du spectaculaire

Le savoir-faire des Russo reste au service du spectaculaire, jusqu’à l’excès d’une scène qui transforme Prague ou le château de Chantilly (supposé être situé quelque part en Croatie) en zones de guerre.

Avec l’action pour seul moteur, le matricule de Six ne cache qu’un numéro, à l’âme lisse. On nous glisse un bref aperçu de son passé pour signifier que le tueur implacable est doté d’une fibre morale (sa condamnation criminelle le fut pour un crime "justifiable"). Ryan Gosling rejoue sa partition de dernier Real Hero, chevalier des temps modernes, sans forcer son impassibilité. Derrière sa moustache de Freddy Mercury, Chris Evans cabotine avec force oeillades à ses fans. Les autres meublent.

On ne frémit guère pour un héros monolithique dont on comprend vite qu’il se sortira des plus improbables situations. La fin prend option d’une suite probable. À combien de vues Netflix chiffrera le retour sur investissement ?

The Gray Man Action De Anthony et Joe Russo Scénario Joe Russo, Christopher Markus, Stephen McFeely Avec Ryan Gosling, Chris Evans, Ana de Armas, Regé-Jean Page,… Durée 2h09.

"The Gray Man": Ryan Gosling affronte Chris Evans dans la production de Netflix la plus chère à ce jour
©D.R.