"Bullet Train": pour un peu, on croirait que Quentin Tarantino était planqué dans les toilettes

Un thriller d’action en huis clos dans un TGV japonais. Du sang, des armes et quelques longueurs sur un air de Tarantino.

Quel est le mot d’ordre d’un blockbuster tourné durant la pandémie ? En mettre plein la vue, pour ramener le public dans les salles obscures.

En tête d’affiche, Brad Pitt, acteur des plus populaires qui a opportunément annoncé lors de la promo qu’il entrait dans la dernière phase de sa carrière.

À la manœuvre : David Leitch, réalisateur efficace sinon original, de John Wick, Atomic Blonde et Dead Pool 2. Il est aussi, ça prend son importance ici, l'ancienne doublure attitrée du Brad (de Fight Club à Mr et Mrs Smith).

Ajoutez à la production Antoine Fuqua, qui devait réaliser à l'origine, et vous comprendrez que Bullet Train se résume à trois mots : action, action et action.

Entre comics et pulp

Sa filmo le prouve : Leitch aime les comics. Il en adopte le ton, mâtiné de pulp, comme un certain Quentin Tarantino, pote du Brad. Pour un peu, on croirait que le QT était planqué dans les toilettes à souffler des idées et des dialogues à l'équipe.

Chacun fait des blagues ou semble atteint d’incontinence verbale, jusqu’à philosopher sur les personnalités des locomotives d’un dessin animé à succès.

Bullet Train, c'est le nom anglais du Shinkansen, le TGV japonais. C'est un film speedé, donc (d'où un certain caméo final : chut).

Le Japonais Kotaro Isaka a écrit le roman dont Bullet Train est adapté. Ce film pop-corn au wasabi garde le contexte nippon (même s'il a été tourné à L.A.), une star locale (Hiroyuki Sanada) et d'autres d'origine (l'Anglais Andrew Koji, l'Américaine Karen Fukuhara).

Les autres protagonistes sont whitewashés. Peu importe, ce sont des caricatures à surnom, qui se croisent dans un train : Ladybug (Pitt), Tangerine et Lemon (Aaron Taylor-Johnson et Brian Tyree Henry), Prince (Joey King), Wolf (le rapper Bad Bunny), Hornet (Zazie Beetz)… Il y a aussi la Mort Blanche (on vous laisse la surprise), tout puissant yakuza qui tire les ficelles.

Qui dit nom de code dit mission. Chacun a la sienne, indépendante des autres. Mais tout est lié dans ce huis clos à 300 à l’heure qui vire à la foire d’empoigne.

Ça tchatche, ça bastonne, ça canarde et ça sabre à tout va. Leitch ne lésine ni sur l’hémoglobine ni sur les œillades au spectateur. Ça tiraille un peu en longueur, aussi - peut-être pour coller à la durée exacte du trajet Tokyo-Kyoto en Shinkansen.

Les fans adoreront le festival de Pittreries, les autres se lasseront de sa partition du faux lourdaud plus dégourdi qu’il n’en a l’air. Brad raccroche-t-il parce qu’il en marre de ce train-train ?

Bullet Train Action sur les rails De David Leitch Scénario Zak Olkewicz Avec Brad Pitt, Aaron Taylor-Johnson, Joey King, Andrew Koji,… Durée 2h06.

"Bullet Train": pour un peu, on croirait que Quentin Tarantino était planqué dans les toilettes
©D.R.